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Chapitre 18

Coucou tout le monde !

\!/Une chose à savoir avant de le lire : il n’a pas été corrigé par ma correctrice mais par moi. En effet, j’ai mis un terme à notre collaboration. \!/

Je m’excuse d’avance pour mes fautes qui risquent de vous écorcher les yeux. Merci d’avance chers lecteurs et chères lectrices !

Enjoy ! ^W^

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~ Un choix décisif ~

Au sein du cabinet IMPLEX…

Des jours s’étaient écoulés depuis les révélations de son amant, Kaname continuait à soutenir moralement son amant.
En peu de temps, ce dernier reprit du poil de la bête, et avait réinvesti son appartement depuis la fin des travaux, au grand désarroi de l’architecte qui n’était pas disposé à laisser son amant s’éloigner une nouvelle fois de lui.

De son côté, l’architecte ne savait pas comment se défaire de ses soucis actuels. En effet, il avait omis d’annoncer à Ran que la fameuse connaissance qu’il avait rencontrée dans cet hôtel ce jour-là, n’était autre que sa fiancée. Il était venu dans l’espoir de rompre leurs fiançailles, sans offenser aucune de leur famille. Malheureusement, la jeune demoiselle s’était évanouie et il n’avait d’autre choix que de la raccompagner chez elle sans avoir eu la chance de discuter avec elle.
Il se dit qu’il la rappellerait afin de convenir d’un rendez-vous avec elle. Ainsi, il pourrait résoudre ce problème rapidement sans inquiéter son amant.

Toujours en pleine méditation, Kaname ne remarqua pas qu’on toqua à la porte de son bureau. Il releva légèrement le menton puis ordonna à l’invité d’entrer. Il aperçut son secrétaire accompagné de sa fiancée. Cette dernière était vêtue de vêtements normaux.

- Veuillez m’excuser, mais Mademoiselle Tôdo désirerait s’entretenir avec vous, annonça le secrétaire.

Sans même attendre la réponse de l’homme d’affaires, sa fiancée prit la parole.

- Je suis désolée d’être venu à l’improviste comme cela… Mais, je voulais vous revoir et m’excuser pour la dernière fois. J’ai dû vous embarrasser.
– Yûji, tu peux te retirer, intima Kaname d’une voix rauque.

Le secrétaire les laissa donc.

Kaname se leva et s’avança en direction de la jeune héritière, qui semblait quelque peu gênée d’être seule avec lui.

- Etes-vous toujours souffrante ? Il vaudrait mieux que vous rentriez chez vous et que vous vous reposiez, lui conseilla l’architecte.
– Je… Je vais bien, ne vous inquiétez pas pour moi, lui répondit-elle d’une voix douce. Je suis désolée pour l’autre jour.
– Ce n’est rien, je suis content que vous alliez mieux. Puisque vous êtes là, j’aimerais discutez avec vous de quelque chose d’important.

La jeune fille l’examina pendant quelques instants avant de lui répondre.

- J’ai également quelque chose à vous dire.
– Dans ce cas, que diriez-vous, si nous en discutions au cours d’un déjeuner ? Proposa l’homme d’affaires d’une voix enivrante.
– J’accepte volontiers votre proposition.

Kaname se dirigea vers la porte, sa fiancée le suivit.

******

- Mais qu’est-ce qu’il fait chaud ?! S’écria un des collègues de Ran. Il n’y a pas à dire l’été au Japon est une vraie fournaise ! C’est encore un miracle que je sois encore là sous cette température.

L’été mettait à rude épreuves les habitants de cet immense archipel. Les japonais étaient obligés de s’en accommoder s’ils voulaient travailler.

- Si tu as le temps de te plaindre, dépêche-toi de finir ton travail ! Sermonna un autre, fatigué de l’entendre se plaindre pour la moindre chose.

Les jardiniers-paysagistes travaillaient pour un hôtel de luxe. Ce dernier avait fait appel à eux afin qu’ils entretiennent leurs espaces verts. Ran faisait partit de l’équipe qui était chargée de cela. Malgré l’écrasante chaleur, Ran s’attelait à sa tâche.

- Oh hé ! C’est l’heure de manger ! Nous reprendrons le travail plus tard, annonça le chef d’équipe d’une voix grave.

A peine avait-il annoncé cela que ses collègues se ruèrent à l’intérieur, afin de se protéger des rayons du soleil. Chacun sortit une bouteille d’eau et la bure d’une traite.

- Whooa ! Ça fait du bien ! J’aurais bien voulu une bière bien glacée mais bon, je me contenterai de l’eau, s’exclama un des jardiniers-paysagistes.
– Ran ! Tu viens manger avec nous ? Demanda un autre.
– Oui, mais avant cela, je dois me changer, lui indiqua-t-il.

Il n’y a pas d’endroit où je pourrais me changer ? Ah ! Je sais, les toilettes ! Pensa Ran.

Ran prit ses affaires et s’en alla en direction des toilettes.

Pendant ce temps, Kaname et sa fiancée arrivèrent dans l’hôtel où travaillait Ran sans savoir que son amant s’y trouvait avec son équipe.

Le serveur leur indiqua une salle réservée aux clients aisés, ainsi ils pourront discutés sans être entendus, ni dérangés par le personnel.
Le jeune homme leur apporta la carte des menus, chacun d’eux choisirent leurs plats. Une fois la commande prise, l’employé repartit en cuisine.

- Alors de quoi vouliez-vous me parler ? Demanda Kaname d’une voix sérieuse.
– Et bien, cela concerne… nos fiançailles. Etes-vous d’accord avec cela ?
– Comment cela ?
– Et bien, pour être franche, je…

La jeune femme était incapable de trouver ses mots, son visage vira à l’écarlate.

- Qui-y-a-t-il ? Demanda l’architecte.
– Et bien, je ne sais pas comment vous l’avouez… J’ai bien peur de vous me haïssiez si je vous disais ce que j’ai sur le cœur.
– Et bien dites !
– Je sais que vous êtes un homme bon, et qu’à vos côtés, j’aurai été la femme la plus heureuse du monde mais, hélas mon cœur appartient à quelqu’un d’autre, avoua-t-elle en larmes. Elle enfouit son visage dans ses mains. Je sais que cet amour est impossible mais je ne peux taire mes sentiments. Je ne peux l’oublier et me marier avec quelqu’un d’autre. Je suis désolée… Vraiment désolée, répéta-t-elle en sanglots.
– Séchez vos larmes, je comprends tout à fait votre situation, expliqua l’architecte qui lui tendit un mouchoir en tissu.
– C… Comment cela ? Demanda-t-elle tout en essuyant les larmes qui coulèrent au coin de ses yeux.
– Je suis dans la même situation que vous. J’éprouve également des sentiments pour quelqu’un d’autre et malheureusement, je ne peux dévoiler cette relation au grand jour.
– Je ne pensais pas cela de vous. Penser qu’une personne telle que vous, qui possède tout ne puisse pas aimer librement, lui répondit-elle avec franchise.

À cette remarque, Kaname se mit à rire. En effet, les gens avaient tendance à se faire de fausses idées sur lui. Il était un homme tout à fait ordinaire. La seule chose qui le différenciait des autres était sa personnalité.

- Je me demande quel genre de personne est-ce… Elle doit être fantastique pour avoir réussi à capturer votre cœur ; se dit la jeune femme qui ne s’imaginait pas un seul instant que la personne dont était amoureux l’homme d’affaires était un homme.
– Elle l’est ! Annonça-t-il avec détermination. L’intensité de son regard en disait long sur le désir qu’il éprouvait pour « cette personne ».
– Comment était-elle ? Questionna la jeune femme, curieuse de connaître celle qui partage sa vie.

Kaname hésita un instant. Il ne voulait pas prendre le risque de dévoiler l’existence de son amant à une tierce personne. Mais d’un autre côté, il voulait clamer au monde entier qui était son amant, et afficher à quel point il était heureux à ses côtés.

Bah ! Pourquoi pas… Cette femme m’a permis de retirer une épine de mon pied. Je n’ai pas eu besoin de faire pression sur elle, pour qu’elle refuse cette proposition.
Mais tout de même… J’ai tout de même été surpris qu’elle m’avoue sa relation avec cet homme malgré la complexité de sa situation … Pensa Kaname.

Après quelques secondes de réflexion, il décida d’en parler mais en omettant d’indiquer qu’il était un homme.

- Elle est magnifique et adorable comme tout. Elle est à la fois, forte et en même temps si fragile, qu’on ne peut que vouloir la protéger.

Kaname ne cessait de tarir d’éloges sur son amant.

- Ah bon ?
– Oui. Elle me fait perdre la tête.
– Vous êtes complètement fou d’elle, constata l’héritière émerveillée par la profondeur des sentiments qu’éprouvait l’architecte envers sa dulcinée.
– Oui, et vous comment est la personne que vous aimez ? Le questionna-t-il à son tour.
– Et bien… Il est attentionné, doux et je suis heureuse à ses côtés. Il est maître de conférence à l’université, ajouta la demoiselle.

******

Après quelques minutes d’efforts et cette chaleur accablante sous laquelle il avait travaillé, Ran parvint à trouver les toilettes de l’hôtel.
Il y entra. Il emprunta un des nombreux cabinets et s’y enferma pour  s’y changer.
Il dévêtit la partie supérieure de son corps qui était complètement trempée par la sueur. Il mit un tee-shirt à la place. Son affaire terminée, il ouvrit la porte et constata qu’il y avait des gens qui le dévisagèrent.
Ran n’y prêta pas attention et se dirigea vers un des lavabos. À l’aide de ses mains, il prit une quantité d’eau et la projeta sur son visage. Il répéta ce geste pendant quelques secondes.
Sitôt finit, il quitta les lieux et rejoignit les membres de son équipe sans savoir que des problèmes se profilaient à l’horizon.

Arrivé sur place, il remarqua l’ambiance enjouée et survoltée du groupe et pour cause, un de ses collègues ne cessait d’exhiber la photo de sa première petite-fille née aux autres.
Ces derniers invitèrent Ran à les rejoindre.

- Vous ne trouvez pas qu’elle me ressemble ? Regardez ! Elle a mon menton ! Mentionna l’homme en question qui leur afficha la photo du nouveau-né entouré de ses parents, qui affichaient un sourire remplit de tendresse.
– Oui Oui, tu nous l’as déjà dit ! Répliqua un autre, lassé d’entendre le même refrain. Ma parole ! Tu es un vrai papi gâteux !
– Hé ! Ce n’est pas la peine de t’énerver comme cela ! Lui répondit l’homme responsable de cette altercation.
– Mouais, fit l’homme la mine boudeuse.
– Elle est adorable tout comme sa mère, termina l’homme qui ne pouvait s’empêcher de sourire gaiement en regardant sa petite-fille.

L’homme montra la photo au jeune paysagiste. Celui-ci trouvait qu’il formait une famille parfaite. L’enfant était adorable comme tout avec ses petites joues roses.

Une famille, hein ? Se dit Ran.

Soudain, il eut un pincement au cœur. En effet, il savait qu’à cause de son orientation sexuelle, il lui était impossible de fonder une famille. Il se souvenait qu’adolescent, ce fut son rêve mais qu’après sa dispute avec son père adoptif, il fut incapable de le réaliser.
Il était traumatisé par le choc de ses brutales révélations, et qu’après, s’être mit en couple avec Kaname, il savait qu’il ne pourrait pas en avoir.

Il avait bien songé à l’adoption mais il ne se sentait pas capable d’élever un enfant. D’une part à cause de son passé et d’autre part, selon-lui : un enfant a besoin de repères dans la vie pour se construire et forger sa personnalité. Il savait qu’il était incapable de lui offrir cela.
C’est pour ces raisons qu’il enviait toutes ces familles.

Il se souvenait encore d’une conversation qu’il avait eu sur ce sujet avec son amant. Ce dernier étant bisexuel, rien ne l’empêchait de changer de bords et d’avoir des enfants comme tout le monde. Avec le caractère de Kaname et son passé de séducteur invétéré, il se dit que cela devait lui manquer mais qu’il n’osait pas lui avouer par peur de le perdre. Ran se demandait parfois si cela ne le dérangeait pas de ne plus sortir avec des femmes.
Fatigué de ses doutes qui l’assaillaient, il lui avait posé la question directement. Son amant lui avait répondu d’une manière désinvolte « Pas vraiment. Je t’ai et c’est tout ce qui compte pour moi ».

Ran était heureux en entendant cela mais d’un autre côté, il avait l’impression d’avoir condamné son futur en sortant avec lui. Combien de temps Kaname pourrait garder cette assurance naturelle qu’il avait ? Sa famille ne pouvait se permettre de laisser le seul héritier mâle sans descendance. Il se dit que tout aurait été si simple s’ils vivaient à l’étranger mais malheureusement, il ne pouvait pas lui imposer ses choix. Son amant avait sa vie ici, ce serait égoïste de sa part de lui demander de tout quitter pour pouvoir vivre leur amour en toute sérénité.

Non mais qu’est-ce qui me prend de déprimer comme cela ! Ça ne me ressemble pas ! S’insurgea Ran en son fort intérieur. Il se frappa les joues afin de se remettre les idées en place. Il est temps de manger !

Pendant ce temps, Kaname et l’héritière continuèrent à discuter de leur compagnon respectif, trouvant à chacun un caractère charmant.

- Bon et bien, si vous voulez bien m’excuser mais il est temps pour moi de prendre congé de vous, s’excusa l’architecte qui s’apprêtait à se lever de sa chaise.
– Ah ! Ne vous excusez pas ! Se leva brusquement la jeune femme qui semblait confuse d’avoir abusé du peu de temps que lui avait consacré l’autre partie.
– Ce n’est rien. Vous pouvez rester, lui exulta-t-elle.
– Ce n’est pas la peine. Je dois m’en aller, j’ai des affaires à régler. Le fait d’avoir discuter avec vous m’a permis d’éclaircir mes sentiments. Je sais ce que je dois faire maintenant.
– Je vois. Dans ce cas, je vais vous raccompagner, décida Kaname qui fit signe à un des serveurs qu’ils avaient terminé.

L’homme d’affaires régla l’addition. Ils quittèrent la pièce quand soudain, un flash les éblouit. Ils virent arriver une dizaine de journalistes, armés de leurs appareils photos, caméras, près à se jeter sur eux. Kaname, par réflexe, se plaça devant son invitée afin de la protéger d’eux.

- Que signifie tout cela ?! Intima l’architecte d’une voix grave qui laissait transparaître sa colère.
– Confirmez-vous votre relation avec l’héritière du groupe Tôdo ? Questionna l’homme avec insistance qui longea son dictaphone afin de recueillir ses propos.
– Je n’ai rien à vous dire ! Hors de ma vue ! Exigea-t-il avec férocité.

Kaname détestait les journalistes. Pour lui, ils s’apparentaient à des rapaces. Ils ne cessaient de mettre leur nez dans les affaires des autres et par la même occasion détruire la vie de gens avec leurs torchons.
Alertés par leurs cris, les hommes de la sécurité ainsi que des serveurs arrivèrent en trombe. Certainement appelés par le Directeur de l’hôtel qui eut vent de ce trouble.
La sécurité tentait de leur frayer un chemin aux jeunes gens à travers la foule de journalistes.

- Par ici, Monsieur Jitsuryoku, intima un des hommes.
– Monsieur Jitsuryoku, s’il vous-plaît ! Répondez à nos questions ! Insista un des journalistes.
– Votre présence en ces lieux avec l’héritière et le fait que ayez choisi cette table isolée de toute ne confirme-t-elle pas votre relation intime avec elle ? Continua-t-il.
– Je n’ai rien à confirmer ! Répondit-il sèchement.

Kaname tentait tant bien que mal de garder son sang froid et de sortir le plus vite possible de cet hôtel. Il ne craignait qu’une chose que cette affaire parvienne aux oreilles de la personne qu’il aimait.
Après quelques difficultés, il réussit à se dégager de cette foule de journalistes et se dirigea vers le parking.

Après s’être rapidement excusé auprès de la demoiselle, il la laissa aux soins d’hommes vêtus d’un complet qui semblaient être ses gardes du corps puis s’en alla.

À l’intérieur de son véhicule, Kaname tenta de réfléchir calmement et de trouver une solution à ce qui venait de se dérouler à  l’hôtel. Lui, qui pensait maîtriser la situation, et régler cela le plus vite possible sans encombre, celle-ci lui échappait.

Quelle serait la réaction de Ran en connaissant la vérité ? Doutera-t-il de nouveau de lui ? Pire, encore, voudrait-il mettre un terme à leur relation ? Ces questions se bousculèrent dans son esprit. À cette seule pensée, son regard s’acéra. Il resserra la pression sur le volant.

Ran est la seule chose à laquelle je tiens plus qu’à ma propre vie, et je ne laisserai personne m’en séparer ! Il est mien ! Affirma-t-il avec détermination, tout en accélérant.

Toujours le regard porté sur la route, il décida avant que les choses ne s’enveniment de contacter son amant pour mettre les choses au clair. Il voulait être le seul à lui apprendre cela et non un ramassis de mensonges qui serait publiés à la première heure dans les journaux ou à la télévision.
Il sortit de la poche intérieure de sa veste, son téléphone et composa le numéro. Un long moment s’écoula avant que l’interlocuteur ne décroche.

- Allô ?
– C’est moi, dis-moi, pourrait-on se voir ce soir, s’il te plaît ? J’ai besoin de te parler, annonça-t-il d’une voix calme. Il espérait que celle-ci ne trahirait pas l’état dans lequel il était en ce moment.
– Hum… Ce soir ? Ça va être compliqué. J’ai une réunion et je ne sais pas trop vers quelle heure, elle se terminera.
– Ce n’est pas grave. Viens chez moi. Je t’y attendrai quelque soit l’heure, conclu-t-il.
– Mais… Je n’ai pas envie de te faire poireauter en sachant pertinemment que je serai en retard.
-  C’est bon ! Lui répondit-il. Sa réponse rapide laisse transparaître un semblant de nervosité mélangé à de l’inquiétude.
– Kaname ? Quelque chose s’est passée ? Tu sembles nerveux. Demanda Ran, qui semblait avoir ressentit quelque chose dans le ton de son amant.

Ce serait-il douter de quelque chose ? Non. Calme-toi, Kaname ! Se dit-il.

- Rien du tout, le rassura-t-il d’une voix emplit de tendresse. Alors, viendras-tu ?
– Oui, acquiesça le jeune paysagiste.
– Alors, à plus tard, termina l’architecte.

Le rendez-vous fixé, il raccrocha et conduisit en direction de son bureau.

*****

À peine eut-il franchit le bas de la porte de son bureau que Yûji l’interpella, puis accourra à sa rencontre. À cause de la chaleur, celui-ci avait troqué ses chemises aux manches longues pour des courtes. Il semblait déboussolé.

- Monsieur ! En votre absence, nous avons été assaillis d’appels de journalistes, nous questionnant sur votre soi-disant relation avec l’héritière des Tôdo, lui raconta-il à bout de souffle.

Des gouttes de sueur s’écoulèrent de son front et parcoururent le reste de son visage. La chaleur ainsi que les journalistes avaient eu raison de lui. En effet, en son absence, il eut une déferlante d’appels téléphoniques des journalistes, réclamant la moindre information, ou ragots sur lui qui puissent l’ajouter à leurs sauces. Malgré la panique et le stress, il avait à peu près réussi à gérer la crise.
– Que leur as-tu répondu ? Demanda-t-il d’une voix grave, exaspéré par ces gens qui lui menaient la vie dure.

Il ouvrit la porte et s’affala sur l’un des fauteuils sous les yeux médusés du secrétaire surpris de le voir dans cet état là.

- Et bien, nous les avons éconduit, expliqua-t-il avec tact, face à l’irritation de son dirigeant.

Il passa sa main dans ses cheveux et en profita pour rabattre en arrières ses mèches rebelles. Un profond soupir s’échappa de ses lèvres minces, ce qui n’échappa pas à Yûji.

- Qu’allez-vous faire ? Si nous les laissons faire, ils entacheront votre réputation et dévoileront au grand jour votre relation avec Monsieur Ouka.
– Je le sais ! Maugréa-t-il. Comment se fait-il qu’ils aient été au courant de notre rencontre ? Le questionna-t-il tout en sortant de la poche de son pantalon, son paquet de cigarettes ainsi que son Zippo. Il en tira une qu’il porta à ses lèvres, puis l’alluma.
– D’après mes sources, cela faisait un moment que Mademoiselle Tôdo était poursuivie par les paparazzis. Ils ont dû avoir vent de votre rendez-vous avec elle, et vous ont donc suivi jusqu’à cet hôtel, conclut-il.

Kaname ôta la cigarette de sa bouche pour en expirer la nicotine. Une légère fumée embauma la pièce sous le regard impassible du secrétaire.

- Je vois. Yûji, contacte les différents journaux et empêche-les de publier leurs torchons ! Exigea-t-il d’un ton sec et tranchant, tout en écrasant le bout de sa cigarette à peine entamée dans le cendrier présent sur la petite table en verre.
– Bien, Monsieur, lui répondit-il tout en s’apprêtant à quitter le bureau quand son supérieur le stoppa net dans son élan.
– N’hésites pas à employer tous les moyens possibles si tu sens qu’ils ne veulent pas en démordre, déclara-t-il tout en l’observant du coin de l’œil. Je n’ai pas l’intention de les laisser me nuire.
– Compris. Sur ce, veuillez m’excuser.

******

22 h 30

Deux heures et demie s’étaient écoulées depuis le début de la réunion et le moins que l’on puisse dire, était que cette dernière avait réduit à néant le peu d’énergie que gardaient en réserve les paysagistes pour rentrer chez eux.

Une partie d’entre eux, écoutait d’une oreille les explications sans fins, voir soporifiques du chef du projet. Ce dernier n’allait jamais à l’essentiel et ne faisait que répéter inlassablement les mêmes choses, comme un dictaphone.

- Whoooa !
Qu’est-ce que je suis fatigué ! Grommela Ran dont la bouche ne cessait de s’ouvrir systématiquement pour laisser échapper des bâillements. À ce rythme, je ne vais pas tenir !

Pendant toute l’heure, Ran avait les yeux rivés sur le cadran de son portable, il voyait défiler les heures et craignait pour son rendez-vous avec son compagnon.

Zut !  Et voilà qu’il recommence ! Nous avons abordé ce sujet il y a une heure ! Je déteste faire attendre les autres, soupira Ran en silence. De plus, j’ai l’impression que Kaname me cache quelque chose. Au téléphone, il semblait que quelque chose le perturbait mais il n’en a rien dit. C’est peut-être pour cela qui veut me voir… Qui sait…

Pendant ce temps, Kaname attendait patiemment la venue de son homme.

Il était vêtu d’une tenue décontractée, d’une chemise en coton entrouverte ainsi qu’un d’un pantalon en lin. Il se tenait devant la baie vitrée en contemplant le ciel étoilé sous l’éclairage artificiel de la ville.

Celui-ci avait repassé en boucle les évènements de la matinée. Il avait réfléchi à l’attitude à adopter, à ce qu’il allait annoncer à son bien-aimé. Chaque mot avait son poids.

Même s’il ne voulait pas se l’avouer, tout au fond de lui subsistait une part de doute, rien ne prédisait que tout rentrerait dans l’ordre une fois les choses mises au clair. En effet, cette dernière pouvait tout aussi bien mettre fin à leur relation.
Il tentait tant bien que mal d’analyser la situation sous tous les angles et d’y remédier. Pour ce faire il devait discuter avec son amant.

- Ran, je veux te voir, te prendre dans mes bras et chasser tout ce qui pourrait te faire du mal, murmura-t-il à la lune, cette dernière était le seul témoin de leurs ébats, de leur rencontre, de leur amour. La seule à leur envelopper de sa douce lumière.

Tout à coup, la sonnerie de l’interphone l’interrompit dans ses pensées. Il pensait qu’il s’agissait de son compagnon. L’architecte se rendit d’un pas pressé en direction de l’entrée. Quelle ne fut pas sa surprise de constater que l’écran affichait une silhouette féminine. Elle était vêtue d’un ensemble jean et portait également une casquette ainsi que des lunettes de soleil. Elle retira sa monture afin de s’identifier auprès de l’architecte. Il reconnut immédiatement la jeune femme à l’origine de ses problèmes bien qu’elle n’en était pas vraiment responsable. Ce n’était juste qu’un malheureux concours de circonstances. Il le savait bien mais il ne pouvait s’empêcher de penser le contraire.

Il se posait des questions sur la raison de sa présence en ce lieu, et comment avait-elle su où ce dernier habitait ? Celui-ci pensait que sa venue tombait mal. Son amant pouvait débarquer à tout moment et donc la rencontrer. Cela pouvait envenimer les choses.
Voulant empêcher à tout prix cela, il décida de la rencontrer.

Il décrocha le combiné.

- Oui ? Que puis-je faire pour vous ? Demanda-t-il d’une voix calme.
La demoiselle était seule. Aucun garde du corps ne semblait l’avoir accompagnée. C’était risqué pour quelqu’un comme elle de se promener seule aussi tard dans cette ville. Elle pouvait à tout moment se faire kidnapper, où se faire tuer. Kaname avait entendu dire que la famille Tôdo avait des liens étroits avec des membres de la mafia de ce pays. Raison de plus pour elle d’être sur ses gardes.

- Heu… Veuillez m’excusez de venir chez vous et à cette heure-ci mais je devais à tout prix vous parler ! S’excusa la jeune femme, le ton qu’elle employait montrait son désarroi. Elle ne cessait de regarder autour d’elle comme si elle on épiait ses moindres mouvements.

Kaname l’observa pendant quelques secondes avant d’appuyer sur le bouton de l’interphone.  Ils se rejoignirent sur le perron. Il l’invita à la suivre dans le salon.

-  Avez-vous réussi à semer ces journalistes ?
– Je me suis déguisée, ainsi, j’ai pu me déplacer sans être reconnue. Je suis désolée, je me suis permise de demander votre adresse à votre secrétaire. Ne lui en veuillez pas, c’est moi qui aie insisté.
– Alors que me voulez-vous ?
– Je… Je suis désolée ! Tout est de ma faute ! Avoua-t-il à chaudes larmes, ses larmes ne cessaient de couler, elle peinait à aligner ses mots, l’émotion l’avait submergé.
– Calmez-vous et séchez vos larmes, s’il vous plaît, lui conseilla-t-il. Que voulez-vous dire par « tout est de ma faute » ?

La femme essaya tant bien que mal  de contenir ses larmes mais malgré le conseil de l’architecte, ces dernières ne cessaient de couler de plus belle. Malgré tout, elle se retient.

- Après nous être quittés au restaurant, j’ai reçu un appel alarmant de mon amant me demandant de le rejoindre en vitesse. Il m’a expliqué qu’il avait reçu des appels de journalistes, il y en a même qui ont eu le culot de venir sur son lieu de travail.
– Qu’est-ce que votre amant à avoir avec cette histoire ? Demanda-t-il dubitatif tout en regardant l’heure de sa montre, afin de guetter la venue de son homme.

D’une voix hésitante, elle continua son récit.

- … Et bien, depuis toujours, je suis la proie des journalistes. J’ai toujours fait en sorte de protéger ma vie privée, pour que celle-ci ne soit pas révélé au monde entier. Mais là, je ne sais pas comment ils s’y sont pris mais ils ont découvert ma relation avec ce professeur. Ils ont même prit des photos compromettantes de nous ! Ils sont même allés jusqu’à lui jeter à la figure notre supposé mariage.

L’architecte fut stupéfiait d’entendre cela, ces journalistes étaient vraiment prêts à tout pour avoir le scoop ! Cela le sidérait !

La mine grave, Kaname l’écoutait parler sans l’interrompre.

- Le pire dans tous cela, c’est que Takashiro a rompu avec moi, lâcha-t-elle d’une voix emplit de tristesse. N… Non pas à cause des journalistes mais pour me protéger. Il… Il pense qu’il n’est pas fait pour moi, que je mérite mieux et que nous venons de deux mondes différents.
Il en éprouvait de la compassion pour la jeune femme. Il avait l’impression de se « voir » dans cette histoire. À croire que le bon dieu prenait un malin fou à lui jouer des tours.

- Qu’allez-vous faire ? Essayer de recoller les morceaux entre vous ? Demanda-t-il prudemment, une main fourrée dans la poche de son pantalon.
– Il a rompu tout contact avec moi. Je ne sais plus quoi faire ! Je veux qu’il sache que ce n’est pas fini entre nous ! Je l’aime toujours !
– Je suis désolé, je vous ai causé du tord. C’est de ma faute si cette histoire a pris une telle ampleur.
– Non ! S’exclama-t-elle avec vigueur. Ce n’est nullement votre faute ! Je suis la seule fautive dans cette histoire. Si j’avais eu le courage de quitter cette famille et d’aller vivre avec Takashiro, rien de cela ne serait arrivé. Malheureusement, je suis une lâche.  J’avais peur de tout perdre si je franchissais ce chemin épineux qui se dressait devant moi. En fin de compte, j’ai perdu la seule chose à laquelle je tenais.

Kaname en était abasourdi par ce qu’il venait d’entendre. Sous cette grâce, se cachait une forte volonté. Pendant un instant, l’image de son amant se superposait à celle de la femme.

- Vous êtes forte ! Ce Takashiro a de la chance de vous avoir à ces côtés.
– Malheureusement, il n’est plus là, répliqua-t-elle avec amertume.

Kaname s’avança vers elle et lui tendit un mouchoir avec lequel elle essuya ses larmes.

- Vous devriez verser des larmes pour la personne que vous aimez et non pour un parfait étranger, lança-t-il d’une voix douce qui fit frémir la femme.
– Que dois-je faire ?
– Tout d’abord, essayer de vous réconcilier avec votre compagnon. En ce qui concerne, les journalistes, j’ai déjà fait le nécessaire, lui gratifia-t-il d’un sourire.

En voyant son expression, l’héritière retrouva courage et lui sourit timidement.

- Sur ce, il se fait tard, je vais vous raccompagner.

Kaname se sentait obligé de le faire, il n’était pas bon de laisser une jeune fille seule dans les rues, surtout dans un état émotionnel aussi instable. Mais s’il partait, il avait une chance qu’il rate son compagnon. Il se dit que ce n’était que l’affaire de quelques minutes, le temps qu’il revienne chez lui.

- Ce n’est pas la peine, je m’en sortirai.
– Il n’est pas recommandable pour vous de sortir seule avec tout ce qui se passe dans les rues.
– D’accord.

******

23 h 15

- C’est enfin fini ! Clama Ran en courant.

Il avait réussi à quitter le boulot. Il se rendait chez son amant. 15 minutes était la durée qu’il y avait entre l’entreprise de paysagisme et le quartier huppé où résidait son compagnon.

J’espère qu’il n’est pas trop tard ! Pensa Ran.

Après quelques minutes d’efforts intensifs, il arriva sur place.

De là où il se trouvait, il pouvait voir les lumières tamisées de la maison. Ran décida d’y entrer.
Celui-ci sortit le double de la clé que Kaname lui avait donné il y a fort longtemps et la rentra dans la serrure.

En entrant dans le hall, le jeune homme remarqua des chaussures inconnues alignées avec celle de son amant.

Il aurait de la visite ? A cette heure-ci ? Se demanda Ran tout en se déchaussant. Peut-être que je tombe mal ? Je devrais partir et revenir une prochaine fois mais… Kaname voulait à tout prix me voir.

N’étant pas d’humeur à faire un combat intérieur entre sa fatigue et son envie de le voir, celui-ci pénétra dans le salon.

Le jeune homme assista à une scène qui le décontenança.

6 Réponses à “Chapitre 18”

  1. Kushina Dit :

    Coucou^^ ça va ?
    Ohoh ! Je veux la suite^^
    Magnifique chapitre.

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  2. mjsoule Dit :

    oulala tant d’évènement en une fraction de seconde!!! c’est trop bien Hinata-chan.
    Et dire qu’ils avaient pensé à la même chose partir loin à l’étranger pour être libre de s’aimer sans ne plus ressentir la peur au ventre d’être juger ou insulter… En plus la sois disant fiancée qui est aussi amoureuse d’un autre homme et qui a pris son courage pour le dire à Kaname qui plus est fut une libération pour lui… Et ses saletés de journalistes alors… J’avais un peu imaginer ce genre de situation mais tu l’as d’écrite d’une manière aussi intense et un peut tragique, j’adore je suis FAN!!!! et je veux la suite s’il te plaît :D hahahha…. Merci beaucoup pour ton travail et bon courage pour la suite Hinata-chan.

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    • Hinata Dit :

      C’est la seule option qui leur reste ^^’
      S’ils restent au Japon, ils ne seront jamais heureux.
      On peut dire que « l’annulation » de leurs fiançailles par la fiancée tombe à pic pour l’architecte ^^’
      Un souci de moins dans son esprit mais bon, les journalistes ne vont pas lâcher prise !
      Concernant la suite, j’ai l »intention de la publier ce mois-ci… Enfin, je verrai :)
      En attendant, tu peux toujours te promener dans les différentes sections du blog. Dernièrement, j’en ai créée une nouvelle « Dessins » (soit à la Peinture ou aux crayons):D.

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      • mjsoule Dit :

        Oh oui Hinata-chan
        N’hésite pas a mèttre la suite pour ce mois-ci je l’accepte avec plaisir hihihi… ( Tu peux même mèttre aujourd’hui :p )
        Trop hâte je sens que je vais trouvé pas mal de chose à dire pour que tu mettes toute les suites hihihihi….
        Bon travail Hinata-chan. Et sache que je visiterai ton blog avec plaisir en laissant plein de commentaire pour t’embêtée :D

        Répondre

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