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Chapitre 17

~ Des ennuis en perspectives…~

- Ran, tu t’en sors ? Tu veux un coup de main ? Demanda son collègue.
- Non, c’est bon, je m’en sors bien, répondit le jardinier-paysagiste qui s’affairait à sa tâche.
- Si tu as le moindre souci, tu nous le dis, hein ?
- Oui, acquiesça le jeune homme.
- Quand on aura fini notre travail, nous irons boire un coup, tu nous rejoins ? Demanda un autre qui s’invita dans leur conversation.
- Heu… Pourquoi pas, répondit Ran.
- Hé ! Il vient à peine de récupérer et toi tu lui proposes de boire ?! Non, mais !
- Qu’est-ce que tu racontes, ça fait un mois qu’il a repris le boulot et il nous a dit qu’il allait parfaitement bien. Il peut tenir l’alcool et puis, ça fait un moment que nous ne l’avons pas vu, il faut fêter nos retrouvailles, décida celui qui avait invité Ran.
- C’est vrai mais, il faut tout de même le ménager, s’inquiéta le second homme.
- Avec nous, il reprendra du poil de la bête, affirma un troisième qui s’incrusta dans le groupe. En plus demain, c’est notre jour de repos.
- Bien, c’est décidé, nous allons tous boire, décidèrent-ils tous ensemble.

Ran songea qu’il devait avertir son amant que ce soir, il irait boire avec ses collègues de travail. Il s’éloigna d’eux afin de le contacter.
Il sortit son portable de sa poche et commença à taper son message :

« Je suis désolé, je ne pourrais pas être là ce soir. Je sors boire avec des amis ».

Sitôt finit, il l’envoya et regagna son poste.

Quelques minutes plus tard, il reçu sa réponse :

« Bois avec modération, tu sais bien que tu ne tiens pas bien l’alcool. Amuse-toi bien ».

******

Kaname étudiait des plans avec son équipe quand on toqua à la porte. La porte s’ouvrit, Yûji s’avança.

- Qui y a-t-il ? Demanda Kaname.
- Monsieur, il y a quelqu’un qui désire s’entretenir avec vous, lui répondit-il.
- Dites-lui que je suis occupé et que je le recevrai qu’après, intima l’homme d’affaires qui lui tourna le dos.
- Mais… Cette personne insiste pour discuter avec vous.
Sans laisser le temps à Kaname de répondre, l’invité qui attendait dehors prit la parole :
- Alors comme ça, tu n’as pas de temps à me consacrer, Kaname, insinua l’homme d’une voix grave et imposante qui fit frémir toute le monde à l’exception de Kaname et de Yûji.

L’homme écarta le secrétaire de son passage et entra dans la pièce. Aussitôt après l’avoir aperçu, Kaname laissa échapper un profond soupir.
La seule présence de cet homme suffisait à électrifier l’air. Le regard dur qu’il affichait tétanisait les employés.

- Yûji, tu peux disposer et vous autres aussi, nous reprendrons cela plus tard, intima l’architecte qui tourna dos à ses interlocuteurs et s’installa dans un des fauteuils.

Soulagés d’être congédiés, les employés s’empressèrent de saluer leur patron ainsi que l’invité qui les observait en silence. Une fois que ces derniers quittèrent les lieux, un autre homme d’âge mur pénétra dans la pièce, et se tient aux côtés du vieil homme. Ce dernier s’assit sur le canapé en cuir tandis que son acolyte resta debout. Celui-ci n’était autre que le secrétaire personnel du grand-père de Kaname. Il était à son service depuis de nombreuses années.

- Que me voulez-vous ? Commença Kaname.
- Je suis venu parler de ton avenir et celle de notre groupe. Tu es notre héritier et c’est inconcevable que tu ne reprennes pas les rênes. J’ai mis tout en œuvre pour ce jour.
- Je vous l’ai déjà dit, ça ne m’intéresse pas de diriger un empire financier ! Je suis le seul à décider de ma vie !
- Ça suffit avec ces enfantillages !!! Grogna l’homme avec une voix grave.
- Je n’ai pas l’intention de devenir une de vos marionnettes.
- Décidément tel père tel fils ! Je pensais que cela se passerait différemment avec toi mais je vois que non. Tu ne me laisses pas le choix.

Le vieillard jeta un regard à son secrétaire, celui-ci sortit de sa sacoche des documents et les déposa sur la petite table.

- Qu’est-ce que c’est ? Demanda Kaname qui ne les toucha pas.
- C’est le profil de ta fiancée. C’est la petite-fille d’un de mes amis. Elle est bien éduquée, et a étudié dans les meilleures écoles. Elle fera une bonne épouse, termina le grand-père.
- Ma Fiancée ?!
- J’ai organisé une rencontre avec elle, elle aura lieu demain à 14 h 00 dans le hall de l’un de nos hôtels. Tu as intérêt à être là, décida le vieillard. Kobayashi te donnera les détails.
- Vous pouvez l’annuler, je n’irai pas !  Répliqua-t-il d’une voix calme. Je n’ai pas le temps de jouer les gentlemen pour cette demoiselle.
- C’en ai assez !!! Aurais-tu oublié à qui tu t’adresses ? C’est grâce à moi si tu en es là aujourd’hui ! Lui rappela-t-il.
-  Je suis devenu ce que je suis aujourd’hui grâce à ma seule force et volonté et non grâce à votre nom ! Affirma Kaname avec détermination. L’attitude de ce dernier ne changea pas, il restait calme malgré les dires de son interlocuteur.
- Encore cet entêtement ! Tu es encore jeune, donc immature. Tu ne sais pas de quoi tu parles. Tu me remercieras plus tard pour cela.
Sur ses dernières paroles, le vieillard se leva avec l’aide de son assistant qui lui prêta son bras.
Kaname plissa les sourcils et observa ses invités quitter la pièce.

Le calme revenu, Yûji rejoignit son supérieur.

Le secrétaire aperçut parmi les documents, le portrait d’une jeune femme, qui semblait avoir la vingtaine. Cette dernière était vêtue d’un kimono orné de motifs floraux. Elle semblait délicate.

- Vous allez bien ? Demanda le secrétaire à son supérieur.
- Selon toi, est-ce que j’ai l’air d’aller bien ? Lui répondit-il froidement.

Le jeune héritier se leva et retourna à son fauteuil de direction.

- Est-ce votre future fiancée ? Lança le secrétaire.

À cette question, Kaname lui lança un regard noir, qui fit frémir Yûji au plus profond de lui.

- Veuillez m’excuser pour mon indiscrétion, Monsieur.
- J’en ai plus qu’assez de ces gens qui décident de ma vie ! S’insurgea le businessman. Je n’ai pas l’intention de me marier ! Qu’ils se mettent bien cela dans le crâne !
- Qu’allez-vous faire dans ce cas ? Vous ne pourrez pas indéfiniment faire ce qu’il vous plaît comme vous l’avez toujours fait jusqu’à présent.
- Je le sais bien. Pas besoin de me le rappeler.
- Monsieur…

 « Jitsuryoku »… J’ai beau m’être éloigné d’eux mais peu importe où je suis, ce nom me rattrape, se résigna l’architecte qui s’était légèrement tourné vers les immenses vitres qui lui offraient une vue panoramique sur ce qu’il l’entourait.

******

20 h 00

Le groupe d’hommes pénétra dans le restaurant traditionnel que tenait une de leur connaissance.
Il y avait une bonne ambiance, le brouhaha et les éclats de rires se faisaient entendre.
À peine y être entré qu’un des collègues de Ran happa le bras de ce dernier et l’amena à leur table.
Le jeune serveur s’approcha et prirent leurs commandes. Tous prirent une bière et quelques apéritifs pour accompagner, sauf Ran qui hésitait. Il savait qu’il n’avait aucune tolérance à l’alcool et préférait prendre une autre boisson à la place mais il avait peur de froisser ses collègues, après tout, ils l’avaient invité.

- Qu’est-ce qu’il y a Ran, tu ne te sens pas bien ? Demanda un des hommes.
- Je vais bien, je vais prendre la même chose que vous.

Ça va aller, je boirai avec modération et puis, c’est une occasion pour moi de discuter avec eux. Ça fait longtemps que je ne les ai pas vus. Ils étaient morts d’inquiétude pendant le laps de temps où j’ai été enlevé, se dit Ran.

Ainsi, le serveur revint avec les chopes et les apéritifs. Il les déposa sur la table et s’en alla. Les hommes s’emparèrent de leur boisson et les burent. Ran, quant à lui, fixait le liquide avec hantise avant de le boire d’une traite.

- Ça fait du bien, hein ? Demanda malicieusement un des gaillards qui donna un coup d’épaule en signe de complicité à Ran qui manqua de s’étouffer.
- Kof… Kof… Hum… Oui, répondit péniblement Ran.
- Hé ! S’exclama un autre.
- Ne t’inquiète pas, il a une bonne décente ! Lui répondit-il.

À la suite de cette remarque, les autres rirent, Ran, gêné, les regardait.

Le groupe d’homme entamèrent leur discussion, quand ces derniers remarquèrent que les femmes autour d’eux les observèrent.
Leurs regards se dirigèrent vers le plus jeune du groupe : Ran. Ce dernier n’avait pas conscience de l’effet qu’il produisait. Malgré qu’il soit un homme, il était élégant, ses gestes restaient gracieux, tout le contraire de ses collègues.

-    Encore !? Se lamenta un autre.
-    Hein ? Qui y a-t-il ? Demanda Ran.
-    Il n’y a pas à dire, tu ne passes pas inaperçu partout où tu vas, rajouta un autre.
-    Oui. Tu éclipses nos présences, clama un troisième.
-    Ce n’est pas vrai. Démentit le jardinier-paysagiste.

Les quinquagénaires ne purent s’empêcher de rigoler à gorge déployée. Ran ne semblait pas comprendre la raison de ces moqueries.

- Nous plaisantons, Ran, avoua un. Nous aimons bien te taquiner.
- Ça fait du bien d’avoir un jeune parmi nous. Les jeunes d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’antan. Ils nous prennent pour des radoteurs et c’est à peine s’ils se souviennent de ce qu’on a fait pour eux. C’est grâce à nous qu’ils ont cette vie.
- Tu as tout à fait raison ! Ce sont des ingrats ! Rajouta un homme dans le cercle.
- Calmez-vous, vous deux ! Il ne faut pas généraliser les choses !
- Pardon, Toshiro, s’excusèrent les deux hommes. En parlant de jeunes, ta fille est en âge de se marier, non ? Elle a un petit-ami ?
- Malheureusement non, elle n’est pas pressée de se marier. Elle veut se concentrer sur sa carrière d’avocate et le mariage se sera pour plus tard. À ce rythme, je ne verrai jamais la tête de mes petits-enfants, soupira Toshiro.
- Les jeunes sont obnubilés par leur carrière et préfèrent le célibat à l’engagement. De mon temps, j’étais marié à 18 ans, et à 19 ans j’étais déjà père.
- C’était il y a longtemps…  Au fait, Ran, comment cela se passe pour ton hébergement ? J’ai entendu dire qu’il y a des fuites d’eau dans ton appart’.
- Effectivement, les canalisations ne sont plus en bon état, et d’après mon propriétaire, il faudra que je fasse appelle à un plombier afin qu’il établisse un devis pour les travaux.
- Ce n’est pas de chance, je t’aurais bien hébergé chez moi mais nous sommes nombreux et nous n’avons pas la place pour installer une autre personne.
- Je ne peux pas non plus, j’héberge déjà mon cousin.
- Ne vous inquiétez pas, j’ai trouvé quelqu’un qui a accepté de m’héberger.
- Oh, alors vous vivez ensemble ? Demanda l’homme, d’un sourire malicieux.
- Qu… Quoi ?! De quoi parlez-vous !
- Eh bien de qui veux-tu qu’on parle : de ta petite-amie, bien sûr !
- Ma… Ma petite amie ?! Je… vous ai déjà dit que je n’en avais pas ! Pourquoi pensez-vous que j’en ai une ?
- Nul besoin d’être gêné, on sait tous que tu en as une. Dernièrement, tu arrives en retard au travail, et tu passes ton temps à fixer ton portable, comme si tu attendais un appel de sa part.
- D’où vous viennent ces suppositions ? Il n’y a rien qui indique que j’en ai une et que je vis avec elle, répondit Ran qui essayait tant bien que mal de dissiper ces malentendus.
- Elle est comment ? Belle ? Riche ?
- A… Attendez !
- Arrêtez de l’embêtez ! C’est sa vie privée ! Il est libre de faire ce qu’il veut ! Il n’a pas l’obligation de vous dire avec qui il sort ! Sermonna Toshiro, leader du groupe.

Sa voix résonna dans le restaurant et fit taire ses compères. Toshiro était le plus ancien de l’entreprise de paysagisme.  Après l’affaire « Fujinami », Ran était seul et distant avec ses collègues. Il refusait de se lier avec eux, de peur d’être de nouveau trahi comme ce fut le cas avec son mentor. Avec du temps et de la patience, Toshiro instaura un climat de confiance avec le jeune jardinier-paysagiste ce qui lui permit de  s’ouvrir peu à  peu à lui ainsi qu’aux autres.
Ran le considérait comme le grand-père qu’il n’avait jamais eu.

- Nous sommes là pour nous amusez !
- Ouais ! Buvons jusqu’à n’en plus pouvoir !

Le serveur qui les avait servit plus tôt réapparu, les hommes se dépêchèrent de commander de nouveau au grand dam de Ran.

Ainsi la soirée battit son plein, l’alcool coula à flot.

******

23 h 00

La nuit avait recouvert la ville de son manteau noir, la BMW de l’homme d’affaires franchit le quartier huppé de la ville. Son travail étant achevé, il rentra chez lui.

Kaname franchit le salon, alluma la lumière et constata qu’il était seul.

Ah ! C’est vrai, il est sorti boire avec ses collègues… J’espère qu’il ne rentrera pas trop tard et qu’il n’a pas abusé de l’alcool, pensa Kaname en retirant ses vêtements.

Kaname savait que son amant avait une faible tolérance à l’alcool et quand il lui arrivait de dépasser la limite, il devenait une proie facile pour les prédateurs.

Il s’assit dans un des fauteuils et soupira. Il venait de passer une horrible journée. La cause ? Son aïeul, et de son projet de mariage arrangé. Ce dernier avait une idée toute faite de son futur. Une femme de la haute société, qui saura le soutenir, et lui donner un héritier pour poursuivre la lignée de sa famille. Il serait un oiseau en cage. Sa liberté lui serait enlevée, chose qui ne supporterait pas ! L’architecte était le seul à savoir ce qui était bon pour lui !
Son unique souci était son homme. Comment allait-il  s’y prendre pour résoudre ce problème sans lui toucher un mot ?
Pour l’architecte, il était hors de question de mêler son amant à ses histoires de famille. Kaname savait pertinemment ce que cette dernière ferait s’il découvrait sa liaison avec Ran. Ils n’hésiteraient pas à se débarrasser de son compagnon.
Pour leur échapper, Kaname avait songé à quitter ce pays. Cela ne lui posait aucun problème puisque qu’il n’avait aucune attache mais ce ne serait pas le cas de son amant.
Il y a 3 ans, celui-ci lui avait certifié qu’il serait prêt à tout quitter pour être avec lui, loin l’idée de mettre en doute ses sentiments, il savait que tirer un trait sur sa vie actuelle signifiait énormément de sacrifices de sa part, il ne reverrait plus ses collègues, et serait obliger de rechercher un nouveau emploi.
Son amant accepterait-il de laisser tomber tout ce qu’il a durement acquis et de le suivre jusqu’au bout du monde ? Ces questions le taraudaient.
Kaname appréhendait la réponse de son amant. Sa peur de le perdre l’empêchait de lui faire part de ce projet.
Aussi charismatique soit-il, Kaname ne parvenait à faire taire les doutes qui l’assaillaient sur l’avenir de leur relation.
Dans 10 ans, 20 ans, seront-ils encore amants ? Continueront-ils à s’aimer ? À croire en eux malgré les préjugés sur leur relation ?

Pourquoi est-ce que c’est si difficile d’aimer ? Se lamenta l’héritier. Aimer, c’est vivre, ressentir au plus profond de soi des émotions que l’on ressent qu’avec l’élu de son cœur. On devrait laisser à chacun le droit d’aimer et ne pas juger une relation sur des critères non-fondés ! Annonça-t-il avec détermination.

Le bruit incessant de la sonnette l’extirpa de ses pensées. L’insistance sur celle-ci supposait que son mystérieux invité était pressé ou en colère.
L’architecte se hâta à la porte d’entrée, il l’ouvrit et découvrit son homme, l’épaule droite adossée contre le mur, peinant à se tenir debout.
Kaname constata que ce dernier tenait des propos incohérents, et que son visage était rougeâtre. Ran, quant à lui, était à deux doigts de s’écrouler sur le sol quand Kaname le rattrapa.

- Ran ! Tu es ivre ! S’interloqua l’architecte.
- Hic… Ce… n’est… pas… Hic.
- Je t’ai conseillé de modérer ta consommation d’alcool mais visiblement tu n’en as pas tenu compte, le réprimanda-t-il.

N’étant pas d’humeur à lui faire des remontrances et vu l’heure, l’homme d’affaires souleva le jardinier-paysagiste et l’emmena à l’intérieur.
Kaname le déposa sur le canapé. Il le quitta quelques minutes et revint avec un verre d’eau, histoire de l’hydrater.
Ran avait du mal à tenir le verre, Kaname l’aida. Il tint le récipient puis souleva légèrement sa tête afin qu’il boive.

- Nn… Ah… J’ai…chaud… Murmura le jeune homme.
- Je vais déboutonner ta chemise.
- Nh… Gémit-il quand il sentit l’air environnant frôler sa peau.

Hum… J’ai la tête qui tourne… Pensa Ran dans les vapes.  

- Est-ce que ça va ? Demanda l’architecte qui rapprocha son visage du sien.
- Ngh…
- On dirait que non. Repose-toi.

L’architecte alla à l’étage. Quelques minutes après, il descendit avec couverture et recouvrit son amant avec.

******

07 h 00

Kaname se réveilla et prépara le petit déjeuner avant de partir s’habiller.
Il remarqua que son compagnon dormait toujours et que ce dernier n’était pas près de se lever avant quelques heures.
Prêt, il partit.

Quelques heures plus tard…

Ran se réveilla avec une horrible migraine. Il se leva avec toutes les peines du monde et partit chercher de l’aspirine. Il chercha un bon moment mais ne trouva pas le fameux cachet.  Il s’énerva contre lui-même, ce qui accentua la douleur.
De retour au salon, il remarqua une note, posée sur la table à manger.

« Je sais qu’à ton réveil, tu auras la gueule de bois. J’ai déposé un cachet et un verre d’eau, à côté de cette note. Cela te servira de leçon.
J’ai préparé ton repas, il se trouve dans le réfrigérateur. Il te suffit juste de le réchauffer aux micro-ondes.
Je ne serai pas là de toute la journée. Je rentrerai probablement tard, donc inutile de m’attendre pour le dîner. Kaname. »

- Ce n’est pas de me faute, si j’étais ivre !  Pesta-t-il à l’encontre de cette feuille.

Il prit le médicament et l’avala avec l’eau.

- Je n’ai plus qu’à attendre que cela passe…

Quel dommage qu’il ne soit pas là, alors que c’est mon jour de congé. Nous aurions pu passer du temps ensemble. Ces derniers temps, il semble si occupé qu’on ne passe que peu de temps ensemble. Il doit être surchargé de travail, pensa Ran.

- Puisque je suis là, je vais en profiter pour faire le ménage ! Se décida-t-il quand il s’arrêta net.

Il constata que l’endroit n’avait pas besoin d’être nettoyé puis qu’il était propre. Kaname devait le faire régulièrement. Ran se mit à imaginer son amant en train de se plier en quatre pour dépoussiérer. Il ne put s’empêcher de rire.

- Bon, eh bien puisque je suis seul, je vais en profiter pour me reposer, se résolut-il.

C’est ainsi que l’après-midi s‘écoula et laissa place au soir…

Ran prépara son repas. Sitôt terminé, il s’attabla et mangea dans le silence. Il ne put s’empêcher de fixer les aiguilles du réveil. Ce dernier affichait : 20 h 30.
Ran savait que Kaname reviendrait tard, mais il se sentait seul dans cette immense maison, ayant pour unique compagnie, le tic tac du réveil.
Le jeune homme se demandait quand rentrerait son amant.
Las d’attendre, il termina son repas et vaqua à ses occupations.

02 h 30

Toutes les lumières étaient éteintes, Ran dormait profondément dans le lit de Kaname. Depuis leur « réconciliation », Ran partageait de nouveau le lit de son homme.

Soudain, des bruits de pas se firent entendre, ces derniers résonnèrent sur le plancher et semblaient se diriger vers Ran.
La poignée de la porte fut actionnée, une ombre pénétra dans la chambre. Cette dernière s’approcha du bord de la table de chevet et alluma l’abajoue.
La lumière révéla la silhouette de l’homme d’affaires qui s’assit au bord du lit. Ce dernier se tourna et observa le visage endormit de son amant.
Un grognement sortit de la bouche de celui-ci, il s’était réveillé… enfin, légèrement.

- Hum…  ? Demanda-t-il à moitié endormi, tout en barrant la lumière à l’aide de sa main.
- Excuse-moi, t’ai-je réveillé ? Répondit l’homme d’affaires d’une voix douce malgré la fatigue qui se lisait sur son visage.
- Non, dit le jeune homme qui se releva. Quelle heure est-il ? Ça fait longtemps que tu es rentré ?
-  Je suis rentré à l’instant. Il est encore tôt, tu devrais te rendormir, lui conseilla-t-il.
- Je n’ai plus sommeil, lança-t-il.
Celui-ci se rapprocha de son amant et l’enlaça. À cet instant-là, une légère fragrance titilla son odorat. Ce parfum n’était pas celui qu’il utilisait habituellement.
Surpris, Ran s’interrogea sur sa provenance.

Ce parfum… Kaname n’est pas du genre à en porter… Il semblait plus aller à une femme.  Une femme ?! Il l’aurait rencontrée aujourd’hui ? Quand bien même, comment ça se fait que son odeur soit imprégnée sur lui ? S’interrogea Ran.

- Quand je me suis réveillé cet après-midi, tu étais déjà parti, annonça Ran tout en relevant la tête afin de faire face à son homme.
- Je ne voulais pas te réveiller. Tu as pu te reposer ?
- Un peu. Je me suis ennuyé comme tout, puisque je n’avais rien à faire. J’avais prévu que l’on passe du temps ensemble aujourd’hui malheureusement, ce ne fut pas le cas. Du coup, j’ai tué le temps devant la télé.
- Excuse-moi, lança-t-il tout en déposant un baiser sur son front comme le ferait un parent à son enfant en guise de pardon. Lors de ton prochain jour de congé, je passerai du temps avec toi.
- Mouais, sinon comment s’est passé ta journée ? Demanda-t-il.
-  Elle fut épuisante. Jai eu une réunion avec des investisseurs étrangers.
- Toute la journée ? Continua Ran.
- Non. Elle s’est terminée aux alentours de 12 h 00, ensuite, je suis resté à l’hôtel pour me reposer puis après je suis retourné au bureau. Pourquoi cette question ? Le questionna-t-il à son tour, étonné de son intérêt pour son emploi du temps.
- Pour rien, prétendra-t-il tout en essayant de dissimuler son inquiétude.

Je ne sais pas quoi penser… Il a l’air de me dire la vérité. Ce n’est pas son genre de me mentir mais alors pourquoi, porte-t-il ce parfum ? Il a dû se faire aborder par une femme, d’où le contact, mais quand bien même pourquoi ne m’en a-t-il pas fait part ? S’imaginait-il.
Si je lui demande, se moquera-t-il de moi ? Me traitera-t-il de jaloux ?
Je veux connaître la vérité, se résolut-il.

- As-tu changé de parfum ? Lui demanda-t-il clairement.
- Non, pourquoi ? Répondit calmement Kaname qui n’avait pas l’air de comprendre les sous-entendus de sa question.
- Elle semble différente…

À la suite de cette réponse, un sourire malicieux s’afficha sur son visage.

- Insinuerais-tu que je te trompe, Ran ?
- Ce… Ce n’est pas ce que j’ai dit ! S’exclama Ran.

Pourquoi me pose-t-il la question ? Mes soupçons seraient-ils fondés ? Il me tromperait ? Se demanda-t-il.

Devant l’air désemparé de son amant, Kaname se jeta sur lui et le plaqua sur le lit.

- Que tu peux être idiot parfois, lâcha-t-il le sourire aux lèvres.
- I… Idiot ?! Comment peux-tu me dire cela ?! Explosa Ran de colère.
- Croix-tu vraiment que je suis du genre à coucher avec une femme et revenir ici pour faire l’amour à mon compagnon ? Qui plus est avec une preuve aussi flagrante sur moi ? Pour qui me prends-tu, Ran ?! Lança Kaname d’un regard déterminé.

Son regard ne laissait supposer aucun doute sur la véracité de ses dires. Le jardinier-paysagiste connaissait parfaitement l’intensité de ce regard, c’était avec la même qu’il s’était déclaré à lui, il y a 3 ans de cela, dans ce fameux parking.

- Kaname… Alors pourquoi portes-tu ce parfum ?
- A l’hôtel, j’ai rencontré une de mes connaissances. Il s’agissait d’une femme, on a longuement discuté et soudainement, elle s’est évanouie. Je l’ai aidée à aller mieux. La fragrance vient de là.
- Je vois, répondit Ran, pensif.

Alors, c’est comme cela que cela s’est passé. Je suis soulagé et en même temps, jaloux de cette femme qui a eu la chance de se faire enlacer par Kaname. Je suis le seul à avoir le droit de poser ma tête sur ce torse ! Déclara-t-il.

- Maintenant que ce malentendu est dissipé, ne sera-t-il pas temps de me dire ce qui te tracasse ? Lui demanda-t-il d’un œil accusateur.
- De… de quoi parles-tu ? Il n’y a rien qui me tracasse, feindra Ran, dans le but d’éviter ses questions.
- Ne me mens pas ! Ton comportement a commencé à changer depuis que je t’ai demandé des informations sur ton kidnapping. Depuis ce jour-là, j’ai évité de revenir sur ce sujet, car j’attendais que tu guérisses et que tu reprennes tes repères. Par la suite, je pensais que tu te confierais à moi mais au lieu de cela, tu t’es muré dans ton silence. Avoua-t-il avec une voix emplit de tristesse.

Que faire ? Je ne peux pas lui dire ce qui s’est passé ! S’il savait qu’elle genre de personne j’étais par le passé, pour sûr, il me haïrait ! Je ne peux pas ! Se convaincra Ran.

- Ran, tu me fais si peu confiance que ça ? Conclut-t-il avec amertume devant le mutisme de son amant.
- P… Pas du tout ! J’aimerais tout de dire mais je ne peux pas ! Je n’y arrive pas… Dit le jeune homme avec une voix tremblante.
- Pourquoi ? Dis-moi tout, Ran ! Je veux savoir ! Si quelque chose ne va pas, il faut me le dire. Je ne supporte plus de te voir souffrir en silence ! Imagine comment je me suis senti sans nouvelles de toi, clama-t-il à bout de nerfs.
- Je suis désolé, je suis désolé, répéta-t-il en larmes.

Ran était perdu, son cœur, ne souhaitait qu’une chose, se libérer de ce secret qui le martelait. Malheureusement, sa peur l’en empêchait. Son cœur était face à un dilemme, avouer la vérité à son compagnon ou ne pas le faire et donc continuer à le faire souffrir d’avantage.

Devant l’absence de réponse de l’autre partie, Kaname laissa échapper un soupir d’exaspération.

- Ran, peu importe ce qui est arrivé dans le passé, dans le présent, je serai à tes côtés et je continuerai à t’aimer. J’aime le « toi » actuel, tout en prenant son amant dans ses bras afin de le réconforter. Le timbre de sa voix avait changé, celui-ci était calme.

Kaname affichait une confiance absolue en Ran, ce dernier se sentait en sécurité en entendant ses mots.
Ainsi lentement, le jardinier-paysagiste laissa court à ses émotions et lui raconta son kidnapping, son passé avec Seiichiro. Son amant, l’écouta parler sans rien dire tout en serrant tendrement cet être brisé par la vie.
À la fin de son récit, Kaname resserra son étreinte, il avait l’impression que s’il ne le faisait pas son amant s’effondrait encore plus dans la douleur.

- Comme tu as du souffrir… Seul avec tes regrets et personne à qui en parler, dit Kaname. Je m’en veux de tout cela ! Ça fait trois ans que nous sortons ensemble et je n’ai pas remarqué ta souffrance que tu dissimulais derrière des sourires. Pardonne-moi, Ran.
- Snif… Ce n’est pas de ta faute, tu ne pouvais pas savoir ni prévoir ce qui allait arriver. C’est moi qui ai tardé à t’en parler. J’aurais dû le faire plus tôt mais j’avais si peur de te perdre.
- Je ne te quitterai jamais, Ran. Sois en rassuré, lui répondit l’homme d’affaires qui plongea ses yeux dans ceux de son aimé.

À cet instant, plus aucun mot ne pouvait décrire l’amour qu’il ressentait l’un pour l’autre.

Kaname plaqua son compagnon sur le lit, et s’allongea à côté de lui bien qu’il fut encore revêtu de ses habits. L’architecte enserra ses bras autour de lui. Ce dernier se blottit dans ses bras puissants qu’il aimait tant.

Quelques minutes plus tard, le jeune homme s’endormit, comme si le fait d’être libéré de ce poids avait réduit à néant ses dernières forces.

9 Réponses à “Chapitre 17”

  1. Kushina Dit :

    Coucou^^
    ça va ?
    Hum..que puis-je dire à part que c’est un chapitre magnifique.C’est mouvementé du côté de Kaname avec la mariage arrangé et triste du côté de Ran, qui perd un peu pied depuis le kidnapping. J’adore vraiment ce chapitre car c’est un tournant de l’histoire, Ran se confie à Kaname qui a lui même des soucis importants.
    Je suis pressée de lire le prochain chapitre^^
    (Au fait j’ai mis ma nouvelle adresse email dans les champs obligatoires, je pense que tu la vois de ton côté, voilà^^)
    A bientôt^^

    Répondre

    • Hinata Dit :

      Coucou ^^

      Fatiguée mais ça va ^^
      Je dois t’avouer que j’ai eu des difficultés à l’écrire ainsi que le suivant. En effet, je n’avais aucune idées… Tout ce que j’avais à l’esprit était une page blanche -_-’
      Je suis contente que tu l’apprécies bien que je trouve que la 1er partie du chapitre, « ennuyeuse » car il ne se passe pas grand chose ^^’
      Mes moments préférés sont :
      - Le monologue de Kaname (où ce dernier se pose des questions sur le devenir de leur relation),
      - Ran qui accuse son amant de le tromper,
      - Ran qui avoue enfin son passé à l’homme d’affaires.

      PS : J’ai ajouté ta nouvelle adresse :) .

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      • Kushina Dit :

        Coucou^^
        Toi aussi -_- »
        Je comprend, je connais ça et je le vis en ce moment…c’est affreux.
        Mes moments préférés moi sont :
        -quand Ran qui accuse son amant de le tromper,
        -quand Ran qui avoue enfin son passé à l’homme d’affaires.
        -quand Kaname dit :-Croix-tu vraiment que je suis du genre à coucher avec une femme et revenir ici pour faire l’amour à mon compagnon ? Qui plus est avec une preuve aussi flagrante sur moi ? Pour qui me prends-tu, Ran ?! Lança Kaname d’un regard déterminé.
        (j’adore cette phrase^^)
        Ps : merci^^

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  2. mjsoule Dit :

    Ohayo! Hinata-chan :D
    Merci pour cette suite, je suis trop contente du déroulement qui se passe pour Ran. Enfin il a pu se confier a son homme. Petit a petit il retrouve ses repères avec le soutien de ses collègues et particulièrement de son tendre amant qui pour moi est trop cool hihihi… Comme Kushina-chan, j’adore la partie ou Kaname dit :-Croix-tu vraiment que je suis du genre à coucher avec une femme et revenir ici pour faire l’amour à mon compagnon ? Qui plus est avec une preuve aussi flagrante sur moi ? Pour qui me prends-tu, Ran ?! Lança Kaname d’un regard déterminé.
    Il y a encore plus de mystère dans cette partie, comme le fait que le grand-père de Kaname lui est organiser une rencontre arrangée. Tant de questions qu’il se pose, de problèmes à résoudre et de secrets à garder. J’adore Merci Hinata-chan.

    Répondre

  3. Hinata Dit :

    Coucou Mjsoule !

    Je suis contente de te revoir ici ! :D
    Je pensais que tu avais oublié, voir laisser tomber cette fiction ^^ ».
    Mais ça me fait plaisir de voir que ce ne fut pas le cas ! :)
    Oui, enfin ! Il le fallait si Ran voulait avancer et arrêter de ressasser le passé. Le fait qu’il soit bien entouré l’ai aidé à guérir de ses blessures et par la même occasion de se pardonner pour ce qu’il avait fait.

    Kaname est trop cool ! ^o^

    Merci pour ton commentaire ! ça me fait plaisir de voir que malgré la lenteur de mes publications, il y a encore des gens qui continuent comme même à suivre leurs aventures….. Et ce jusqu’au bout ! :D

    Répondre

    • mjsoule Dit :

      Salut! Hinata-chan :D
      Moi oublié ta Fiction « Mon bien aimé » hors de question, au contraire j’attendais sa avec Hâte et patience hihihi….
      Je suis contente que tu te souvienne de moi.
      Je t’encouragerai autant que je peux pour avoir ma suite a lire ;) Merci

      Répondre

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