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Chapitre 15

~Retour à la vie ~

L’homme courut sans s’arrêter dans les couloirs de l’hôpital Shiraki. Sur son chemin, il bouscula plusieurs personnes avant de renverser le chariot d’une infirmière qui passait par là. Après s’être rapidement excusé, il continua sa course folle avant de s’immobiliser devant la porte sur laquelle était mentionnée le nom d’un patient : « Ran Ouka ».
Sans hésitation, il agrippa la poignée et laissa glisser la porte coulissante.
Au milieu de la pièce, Ran, semi assis sur le lit, avait à sa gauche deux infirmières qui changeaient ses pansements et vérifiaient sa température, pression artérielle, etc.
À cette vue, Kaname se précipita sur l’homme en criant son nom et le prit dans ses bras. Celui-ci, surpris, ne réagit pas tout de suite et laissa l’homme l’enlacer. Interloquées, les infirmières le stoppèrent.

- Que faites-vous ici ?! Demanda une infirmière qui l’attrapa par le bras.
– Ne me touchez pas ! Lança-t-il d’un regard menaçant.

En un instant, l’air s’électrifia. L’infirmière prit peur et relâcha son emprise, l’autre ne comptait pas se laisser faire et continuait à japper.

- Sortez d’ici ! Ordonna une des infirmières. Vous nous empêchez de faire notre travail !
– Calme-toi, Kaname ; Répondit Ran qui réagissait comme si de rien était. Il était encore en état de choc.
N’en supportant plus davantage, elle le somma de s’en aller mais Kaname continuait à hausser le ton.

- Monsieur, calmez-vous, s’il vous plaît ! Cria Yûji à bout de souffle devant l’entrée de la chambre, il semblait avoir lui aussi accouru comme son patron.

Il prit une profonde inspiration puis sortit un mouchoir de la poche intérieure de sa veste et s’essuya le visage qui dégoulinait de sueur. Il laissa glisser la porte coulissante puis s’avança vers eux.

- Monsieur, calmez-vous. Nous sommes dans un hôpital. Ces personnes ne font que leur travail.

Aussitôt dit, l’architecte se calma.
Yûji laissa échapper un soupir et s’adressa aux infirmières.

- Mesdemoiselles, veuillez excuser la rudesse de mon employeur, voyez-vous cette personne compte beaucoup pour lui et il ne comprend pas pourquoi on ne le laisse pas le voir. Dit-il avec son sourire professionnel qui ne les laissait pas indifférentes.
– Mais… Hésitèrent-elles.
– Il ne lui arrivera rien, je serai avec lui.
– Heu… Bien alors… Nous vous faisons confiance.
– Merci beaucoup, les gratifia-t-il d’un sourire angélique.

Elles étaient totalement sous son emprise et prirent congés d’eux.

- Merci Yûji. Remercia-t-il le dos tourné à son interlocuteur.
– Monsieur, vous êtes habituellement calme mais dès qu’il s’agit de Monsieur Ouka, vous perdez votre sang-froid.
– Je sais, avoua Kaname.
– Monsieur Kitamura ! Kaname ! S’exclama Ran.
– Je suis heureux de vous retrouver Monsieur Ouka, dit le secrétaire.

Sans attendre que son amant ne réponde à son interlocuteur, Kaname rapprocha son visage et déposa ses lèvres sur les siennes. Sans se soucier de son secrétaire, il l’embrassa avec ardeur, ne laissant pas à l’autre partie le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Cependant ce dernier trouva la force de repousser ce baiser.

- Mon amour… Prononça Kaname avec tristesse en voyant le visage de son amant.
– Kaname, c’est vraiment toi ?! Demanda-t-il les larmes aux yeux.

Le doux contact de son amant fit reprendre ses esprits au jeune homme.
Ran posa sa main tremblante sur la joue de Kaname et lentement elle descendit jusqu’à atteindre ses lèvres. À leurs contacts, Ran frissonna, le souffle chaud de Kaname se rependait sur son corps.
Ne voulant pas interrompre leurs retrouvailles, le secrétaire s’en alla, les laissant seuls.

- Ran… Dit Kaname d’une voix douce tout en le regardant droit dans les yeux.
– Kaname ! Kaname ! J’avais si peur de ne plus te revoir !!! Avoua-t-il tout en s’accrochant à sa chemise.

Sentant la détresse de son amant, Kaname l’enlaça malgré ses blessures, il voulait le rassurer et lui faire comprendre que son cauchemar était fini. Il refusait de le lâcher de peur qu’il ne disparaisse de sa vue. Ran laissa libre cours à ses émotions, tout lui paraissait être un rêve, ce qu’il avait vécu et la sensation des bras de son amant le serrant contre lui.

Quelques minutes plus tard, Ran, épuisé, s’était endormi dans ses bras. Kaname posa délicatement sa tête sur l’oreiller et le recouvrit d’un drap. Il déposa un baiser sur ses lèvres et en silence, il quitta la pièce.

En descendant les marches, l’architecte aperçut son secrétaire qui tenait la porte de sa BMW. Il prit place derrière. Son secrétaire fit le tour, du côté conducteur et démarra la voiture. Toujours en conduisant, il scruta l’architecte dans le rétroviseur intérieur. Celui-ci avait les jambes croisées et semblait ailleurs, malgré tout il entama la conversation.

- Comment se porte Monsieur Ouka ?
– Bien, malgré les quelques blessures qu’il a… Dit-il d’un air détaché en regardant le paysage, les formes et personnes qui défilaient devant lui à travers la vitre teintée de la voiture.
– J’en suis ravi. Maintenant que vous êtes rassuré, vous allez pouvoir décompresser, déclara Yûji.
– Je voudrais que tu fasses des recherches sur l’enlèvement de Ran et qui en est le commanditaire… Ordonna-t-il tout en croisant le regard de son secrétaire dans le rétroviseur.

Le secrétaire le regarda attentivement, il décelait en lui une grande détermination à connaître la vérité. Il détacha son regard de lui et le reporta sur la route en acquiesçant.

******

Kaname retourna chez lui l’air abattu, la mine grave, il pénétra dans le salon, balança sur le fauteuil sa veste et s’affala sur le canapé. Il saisit son portable, annula tous ses engagements de la matinée et demanda à ce que personne ne le joigne à moins que ce soit une urgence.
Lorsqu’il avait appris que son amant avait été retrouvé, il se trouvait à son bureau, il avait tout lâché pour le voir.
Kaname se sentit dévaster à la remémoration de son amant, blessé dans la chambre d’hôpital.
Une violente douleur lui serra le cœur, il suffoquait.
L’homme de sa vie, celui qu’il avait juré de protéger au péril de sa vie avait été blessé. Pourquoi Ran ? Pourquoi devait-il subir ce châtiment ? L’architecte souffrait déjà de ne pas le voir autant qu’il le voudrait, mais là, Dieu voulait le lui enlever ! Jamais ! JAMAIS il ne permettrait cela ! Il avait proposé maintes et maintes fois à son amant d’emménager avec lui mais celui-ci avait toujours refusé, craignant d’éveiller les soupçons sur la nature de leur relation.

- Je voudrais t’enfermer dans un endroit où tu serais à l’abri de tout, mais je sais que tu n’aimerais pas cela. Tu aimes la liberté et être indépendant, tu refuses de compter sur l’aide des autres, cette partie de toi n’a pas changé au fil des années.

Kaname se leva et s’approcha d’un petit buffet, il sortit une bouteille de Whisky qu’il emmena dans la cuisine. Là-bas, il prit un verre dans lequel il versa des glaçons puis l’alcool. Il regarda l’intérieur et vit son reflet. Il but d’une traite le breuvage et le déposa avec rudesse dans l’évier. Malgré le fait qu’il buvait, sa gorge restait sèche.
Il emprunta un escalier hélicoïdal qui le conduisit à sa chambre. À peine y était-il entré que les souvenirs de leurs ébats lui revinrent en mémoire. Peu importait le nombre de fois qu’ils l’avaient fait, pour lui c’était des instants précieux. Serrer le corps de son amant, le rassurait, ce bonheur était réel. Dans ces moments-là, rien d’autre ne comptait pour eux. L’existence de chacun représentait tout pour l’autre.

Il déboutonna sa chemise blanche et la laisser tomber sur le parquet clair puis il s’assit au bord du lit. Il attrapa le cadre photo qui trônait sur la table de nuit, la douleur qui serrait son cœur s’amplifia.

- Mon amour, je t’aime tant ! Te voir dans cet état m’est insupportable !

La photo les montrait tous les deux enlacés, entourés de plantes, Kaname l’avait invité à l’exposition d’un célèbre photographe paysagiste.
Ce jour-là, Kaname était arrivé en retard et pour se faire pardonner, il l’avait conduit dans une immense serre, tenue par une de ses connaissances, et dans laquelle était cultivé des plantes rares. Cette attention avait fait plaisir à son amant qui était loin d’être en colère contre lui. Il savait que son amant était accaparé par son travail et malgré tout, il était heureux qu’il soit avec lui.
Kaname se laissa tomber sur le lit, puis posa la photo à l’endroit où se trouvait son cœur et lentement ses paupières se fermèrent. La fatigue avait eu raison de lui.

******

02 h 00

Kaname s’était endormi, uniquement vêtu de son pantalon, quand soudain son portable sonna et l’extirpa de ses songes.
À moitié endormi, il faufila sa main dans la poche de son pantalon et s’en empara.

- Hum… Qui est-ce ? Annonça Kaname.
– Veuillez m’excuser de vous avoir réveillé, s’excusa Yûji.
– C’est bon. Alors qu’est-ce que cela a donné ?
– C’est un peu compliqué…
– Comment cela ? Demanda-t-il tout en fronçant les sourcils.
– Eh bien, ça prendra un peu plus de temps pour obtenir ce que vous m’avez demandé.
– … Je vois, dit-il avec résignation. Tu me tiens au courant une fois que tu les auras.
– Compris… Monsieur, je voudrais m’excuser auprès de vous. C’est de ma faute si Monsieur Ouka a été enlevé. Si j’avais réagi plus vite, rien de tout cela ne serait arrivé ! Je me suis seulement contenté de laisser ces hommes l’enlever sans lever le petit doigt.

Yûji avait aperçu Ran dans les rues de la ville et sans savoir pourquoi, il l’avait suivi et avait assisté impuissant à son enlèvement. Ne sachant pas quoi faire, il avait appelé son employeur et lui avait raconté les faits.

- Yûji, on en a déjà parlé, ce n’est pas de ta faute. Tu n’aurais pas été de taille face à eux. Ils étaient supérieurs en nombre.
– Je le sais bien mais je n’arrive pas chasser de mon esprit ce sentiment de culpabilité, avoua-t-il.
– Il est sain et sauf et c’est tous ce qui compte pour moi, rassura Kaname.
– Reposez-vous bien, je vous recontacterai.

Kaname raccrocha le téléphone, il arborait une expression effrayante. Il ne savait pas qui avait commandité cet acte mais une chose était sûre, il ou elle paierait et qu’importe si cela en ferait souffrir certains, rien ne comptait en ce monde plus que son amant.
Le visage emplit de larmes de Ran lui revint en pleine figure, le sang de Kaname ne fit qu’un tour, ses dents se serrèrent, la colère s’était emparée de lui.
Ses yeux devinrent froids, toutes traces de tendresse avait disparu.
Se sentant impuissant et ne sachant quoi faire, il décida de se rendre à son cabinet, histoire de se changer les idées.

Il se leva et se dirigea vers la salle de bain. Il foula le carrelage froid et se débarrassa de son unique vêtement avant d’entrer dans la cabine de douche. Il actionna le robinet et laissa l’eau couler sur son corps. Il frappa du poing les carreaux.
Après quelques minutes, il referma le robinet, sortit de la douche et s’empara d’une serviette et d’un peignoir. Il longea le couloir qu’il avait emprunté précédemment pour se rendre à sa salle de bain. Une fois dans sa chambre, il jeta sans ménagement sa serviette sur le lit et ouvrit avec fracas les portes de sa penderie où il sortit parmi tous ces costumes, un 3 pièces italien très en vogue à Milan.
Après s’être vêtu, il se chaussa et attacha une montre à son poignet puis retourna dans sa salle de bain où il se dirigea vers un petit meuble. Il aperçut un pot de gel qu’il ouvrit et en étala sur ses deux mains puis l’appliqua sur ses cheveux. Sa chevelure luisait au contact de la lumière et faisait ressortir son charisme, accentuant ce côté distant qu’il avait avec les autres. Une fois qu’il eut fini, il emprunta de nouveau l’escalier hélicoïdal et descendit lentement les marches. Ses pas résonnèrent dans toute la maison.
Il attrapa son manteau en laine qui était accroché au porte-manteau et saisit le trousseau de clé qui se trouvait sur la table en bois. Il les glissa dans une des poches de son manteau puis quitta la maison afin de se rendre au garage. La porte s’ouvrit à distance  grâce à la télécommande que Kaname tenait dans sa main. Il s’engouffra dans sa voiture et démarra.

******

Il faisait encore nuit au cabinet Implex, excepté lui et les gardiens, il n’y avait personne. Kaname se rendit à son bureau.
L’architecte alluma la lumière, accrocha son manteau au porte-manteau et s’installa dans son fauteuil de fonction. Il appuya sur le bouton de mise en marche de son PC et regarda pendant quelques minutes l’écran avant de soupirer.
Le tic-tac de l’horloge résonnait dans toute la pièce, cela semblait durée une éternité, Kaname prit une profonde inspiration et commença à travailler. Cela ne servait à rien de se morfondre, cela n’arrangerait pas les choses et puis travailler pourrait ainsi lui changer les idées.
Ainsi donc, l’architecte se plongea corps et âme dans ses dossiers sans voir les heures passées.

04 h 30

Kaname travaillait toujours quand son téléphone sonna, il décrocha.

- Oui ? Qui est-ce ?
– Kaname, répondit l’interlocuteur d’une voix grave.

Au timbre de sa voix, Kaname arbora de nouveau un visage sombre. La personne au bout du fil était le Président du groupe Phénix, le grand-père de Kaname. Du haut de son grand âge, il contrôlait la vie de millions de personnes et était connu pour sa sévérité et son intransigeance ; nombreux étaient ceux qui le craignaient et le haïssaient. Il n’hésitait pas à se débarrasser de ceux qu’il jugeait incompétent ou nuisible au groupe.

- C’est vous. Que me voulez-vous ?
– Toujours le même à ce que je vois, plaisanta l’homme, mais sur cette prétendue gentillesse se dissimulait un homme impitoyable, prêt à tout pour conserver le prestige de sa famille.
– Je vous retourne le compliment. Sinon que me voulez-vous ? Vous connaissant, vous ne m’appelez pour savoir comment je vais.
– Il serait temps que tu penses à te marier et à reprendre les rênes de la famille. Tu es jeune et tu as suffisamment perdu de temps à jouer à l’architecte ! Tu es l’héritier de la famille Jitsuryoku ! C’est impensable qu’un membre de notre famille soit au service des autres !
– Encore ce refrain… Soupira Kaname. J’ai été clair là-dessus dès le début, je n’ai pas l’intention de diriger cette famille, ni de poursuivre la lignée !
– Ça suffit !!! Somma le vieil homme en élevant la voix.
– Si c’est tous ce que vous avez à me dire, je raccroche, j’ai du « travail » qui m’attend.

Il raccrocha au nez de son interlocuteur et déposa le portable sur son bureau. Il sortit de sa poche un paquet de cigarettes ainsi que son Zippo en platine. Il en sortit une, la porta à ses lèvres puis l’alluma à l’aide du briquet. Il posa sa tête sur le siège et regarda le plafond, il retira la cigarette laissant s’échapper la fumée.

- Il ne manquait plus que ça ! Rouspéta-t-il.

Ran, j’aimerais tant te voir… Souhaita Kaname.

******

09 h 00

Les rayons du soleil traversèrent les stores et se posèrent sur le visage endormi de Kaname. Il avait croisé ses bras sur son bureau afin de pouvoir y poser sa tête.  Un homme pénétra dans la pièce puis s’avança vers l’endormi, il tendit son bras et s’apprêtait à toucher le visage de Kaname quand une main le retint. L’architecte leva les yeux et constata qu’il ne s’agissait que de son secrétaire qui le fixait avec attention.

- Ah, ce n’est que toi !
– Qui pensiez-vous que c’était ? Demanda Yûji.
– Personne, répondit-il.
– Je n’arrive pas à croire que vous avez passé la nuit ici ! Je pensais qu’après notre discussion, vous vous étiez rendormi.
– Tu pensais franchement que j’allais m’endormir comme ça ?
– Oui, déclara-t-il avec une franchise des plus déconcertantes.

Kaname s’étira et desserra sa cravate, tandis que son secrétaire déposa sur son bureau une tasse de café bien noir.

- Merci, gratifia-t-il.
– Vous devriez rentrer, vous êtes complètement épuisé, suggéra Yûji.
– Je n’en ai pas besoin.
– Vous n’avez pas les idées claires, vous risquez de commettre des erreurs et ce serait fâcheux.

Convaincre son patron n’était pas une chose facile mais le secrétaire tint bon et essaya une nouvelle fois de le convaincre de rentrer chez lui.

- Je t’assure que je vais bien, affirma-t-il.
– Ah, j’imagine la réaction de Monsieur Ouka quand il vous verra.
– Yûji ! Grogna Kaname.
– Vous êtes de mauvaise humeur, quelque chose s’est produit ?
– Non… Bon, je m’en vais.
– Finalement, vous avez changé d’avis.
– Non, je vais à l’hôpital.
– Pensez à vous rafraîchir avant d’aller le voir.

Kaname se leva sans prendre la peine de lui répondre, attrapa sa veste et s’en alla.

******

Kaname marcha un long moment dans le centre-ville, jetant de temps en temps un œil à ce qu’il y avait en vitrine.
Tout en continuant à marcher, un doux parfum titilla son odorat. Il le suivit et tomba nez à nez avec une fleuriste qui sursauta quand elle le vit.
Elle remit les plantes en pot et s’avança vers lui.

- Monsieur, vous désirez quelque chose ?

Kaname regarda autour de lui, et vit une multitude de fleurs, les unes plus belles que les autres, une attira particulièrement son attention, des orchidées blanches. Un malicieux sourire se dessina sur son visage, la fleuriste le remarqua et rougit.

- Je vous prends une quinzaine d’orchidées* blanches, décida Kaname.
– Heu… c’est pour offrir à quelqu’un ? Si c’est le cas, je peux mettre un mot de votre part.
– Ce n’est pas la peine, emballez-les simplement.

La fleuriste observa l’architecte, elle ne put détacher son regard de lui, le trouvant séduisant, elle hésita à lui faire face. Kaname sortit son portefeuille et lui tendit un billet.
Les fleurs en main, il s’en alla l’air de rien, laissant la fleuriste complètement sous son charme.

******

Kaname longea l’interminable couloir de l’hôpital Shiraki qui le séparait de son amant. Partout où il passait, il attirait l’attention. Il était devenu le centre des conversations des infirmières, charmées par lui et qui auraient bien voulu lui parler mais elles n’osèrent pas le faire.
Quand il arriva à la chambre, il agrippa la partie qui permettait à la porte de glisser, sitôt fait, il aperçut Ran, semi-assis. Celui-ci affichait un visage souriant.
L’architecte s’avança et s’assit au bord du lit.

- Tiens, c’est pour toi, dit Kaname.

Il offrit les orchidées blanches à Ran qui fut ravi de les recevoir. Son visage s’illuminait à chaque fois qu’il voyait des fleurs. Kaname trouvait son amant magnifique entouré de ces fleurs et il refreina son envie de l’étreindre.

- Merci beaucoup, Kaname. Elles sont magnifiques, dit-il tout en humant leur parfum.

- Est-ce que ça va ? Tu as encore mal ? Questionna-t-il, une tristesse s’afficha sur son visage.
– Je vais bien, je n’ai que quelques égratignures au visage et aux mains mais sinon ça va.
– Ran, que s’est-il passé durant ta captivité ? Qui était celui qui t’a kidnappé ? Qui étaient ces hommes ? Demanda-t-il d’un ton sérieux.

Ran se tut un moment comme si la peur s’était emparée de lui. Son amant se doutait que c’était un sujet qu’il ne voulait pas aborder, et de plus, ce n’était pas le bon moment pour en discuter.

- Excuse-moi, tu viens à peine de revenir de ce cauchemar et moi, je ne trouve rien de mieux à faire que te forcer à te souvenir de tout cela.

- Kaname… dit Ran, ce fut au tour de celui-ci d’être peiné.

Percevant cela, Kaname happa la nuque de son aimé pour l’embrasser.

Ah ! Ngh… Kaname ! Ah ! Si bon ! J’en veux plus ! Pensa Ran.

Qui est la personne qui l’a kidnappé ? Je suis sûr que Ran le sait ! Pensa intérieurement Kaname.

Kaname parcourut le vêtement de Ran à la recherche de ses zones érogènes. Il trouva ses tétons. À l’aide de ses deux pouces, il appuya légèrement sur eux et le tissu les frotta. Ran laissa échapper des gémissements qu’il couvrit à l’aide de sa main, de peur qu’on les entende. Une main descendit et agrippa son sexe en érection caché par l’habit. Il le massa à l’aide du tissu, il fut alors impossible au jardinier-paysagiste de contenir son désir.
Une goutte de nectar imbiba le tissu, Ran supplia Kaname d’arrêter cela mais celui-ci fit la sourde oreille et continua. Il souleva la chemisette et vit son membre dressé, il le prit et le mit en bouche.

- Ah ! Kana…me ! Non ! Ah ! Pas… ç…aaaa !

Ran bascula en arrière et se retrouva allongé sur le lit, à la merci du plaisir que lui procurait Kaname. Il mordit l’oreiller, essayant ainsi de camoufler ses cris. Kaname se pencha afin de mieux le sucer. Ran serra la tête de Kaname à l’aide de ses deux mains, espérant ainsi l’arrêter mais rien n’y fit.

Ça fait si longtemps que je ne l’ai pas touché, je le veux, je veux être en lui… se résolut intérieurement Kaname.

Ran haletait de plus en plus, il était proche de la libération, il donna quelques coups à la tête de Kaname mais pour celui-ci, c’était comparable à des piqures d’insectes.
N’en pouvant plus, le jardinier-paysagiste se répandit dans la bouche de son amant qui l’avala calmement. Les préliminaires achevés et sans le prévenir, Kaname lui écarta les jambes, effleurant du bout des doigts l’intimité de son amant. Ce dernier tressaillit, s’il n’arrêtait pas son amant, c’était sûr, ils allaient faire l’amour dans cette chambre d’hôpital.

- Kaname… Arrête ! Supplia Ran.

Kaname massait l’entrée, au fur et à mesure, elle s’élargissait. Jugeant qu’il était prêt, il introduisit un doigt qu’il fit entrer en profondeur.

Cette sensation… Ces gestes ! NON ! Je ne veux pas ! NON !!!  Pensa Ran intérieurement.

Ran se mit à pleurer, suppliant à nouveau son amant de mettre un terme à cela.
Le jeune homme tremblait et avait du mal à reprendre son souffle, visiblement Kaname était le seul à prendre du plaisir, Ran était terrorisé par le toucher de son amant. L’agression de Seiichi, lui revient en mémoire, son image se superposait à celle de Kaname. Son corps ne parvenait pas à l’oublier, il s’en voulait, son amant allait certainement le détester. Kaname avait tout de suite senti que son amant ne voulait pas de cela et s’arrêta. Il sécha ses larmes puis l’étreint en lui demanda pardon.

- Je suis désolé, Kaname, répéta-t-il dans les bras de son compagnon.
– Ça va aller, je ne suis pas fâché, le rassura-t-il d’un sourire aux lèvres.

******

20 h 30

Kaname quitta l’hôpital et promit à Ran de lui rendre visite autant qu’il le pourrait, il s’orienta vers le parking. Il ouvrit la portière quand son portable sonna.

- Oui, c’est moi.
– Monsieur, j’ai les informations que vous m’avez demandées.
– Qu’en est-il ? Dit-il tout en s’engouffrant dans sa voiture.
– Il s’est avéré que Monsieur Ouka a un lien avec son kidnappeur.
– Quel lien ?! Haussa-t-il le ton avant de se reprendre.
– Après la mort de ses parents, Ran a été élevé par un homme, Haruka Minazuki. Celui-ci avant un amant secret et ce dernier n’était autre que le ravisseur de Ran.

Tout en l’écoutant, Kaname s’engouffra dans sa voiture et ne perdit pas une miette de sa conversation avec Yûji.

______________________

Note de l’auteur ^O^ :

Ran  蘭 signifie orchidée en japonais.

*L’orchidée symbolise en Asie, son pays d’origine, la fécondité, la force mais également  la beauté et la noblesse. Elle est capable de survivre même dans des conditions difficiles. Elle est censée apporter la fécondité aux femmes stériles, mais aussi la protection contre les mauvaises influences.

6 Réponses à “Chapitre 15”

  1. Kushina Dit :

    Coucou^^
    Ça va ?
    J’ai remarqué que j’étais toujours sous mon ancien pseudo sur ton blog, du coup j’ai changé^^ (je pense que tu me reconnaitra facilement)
    Je n’ai pas pu lire avant par manque de temps, mais j’y suis arrivé^^
    Alors là, c’est un super chapitre. Pauvres Kaname et Ran. Ce chapitre est super dans la mesure ou Ran est choqué et à peur,et Kaname qui cherche à se venger pour l’amour de Ran. Tu as bien décris les sentiments des personnages, j’ai eu des frissons en lisant ce chapitre.
    Bye^^

    Répondre

    • Hinata Dit :

      Coucou ^^
      Fatiguée mais ça va ^^
      Je pensais que tu avais gardé ton ancien pseudo car tu l’appréciais ^o^
      Merci d’avoir pris le temps de me commenter malgré ton emploi du temps >.<
      J'aime bien les retrouvailles des tourtereaux.
      Après ce qu'il a vécu, c'est normal qu'il soit effrayé, j'espère juste cela ne va agir sur sa relation avec Kaname.
      La colère n'est pas bonne conseillère, est-ce que Kaname ira jusqu'au bout de sa vengeance ? (ne me posez pas la question car je n'en sais rien, il se peut que j'écrive autre chose U_U").
      Merci pour le compliment ! :D
      PS : Kaname devait être sexy dans son costume italien *-*

      Répondre

      • Kushina Dit :

        Coucou^^
        Fatiguée aussi alors je connais ça^^
        Oui j’apprécie mon ancien pseudo mais j’ai pris l’habitude d’écrire le pseudo de Kushina, alors du coup j’ai changé.
        De rien^^ j’ai même pas le temps de lire les chapitres d’une amie et c’est énervant. Si j’ai pas ma dose de lecture je meurs moi^^ Alors du coup, je suis contente d’avoir lu ton chap.
        Oui c’est normal d’être effrayé après un tel choc et j’espère aussi que cela n’agira pas sur le couple ( je ne te demande pas concernant cette question, je te fais confiance à tant que lectrice^^)
        De rien^^
        PS:….trop sexy^^

        Répondre

        • Hinata Dit :

          Coucou !
          Je suis désolée pour ma réponse tardive >.<
          J'étais pas mal occupée T.T
          En ce qui concerne la suite et bien, je ne sais pas quand je le posterai puisque ma correctrice n'a pas terminé sa correction.
          Nous n'avons plus qu'à attendre ^o^

          Répondre

  2. mjsoule Dit :

    Salut Hina-chan, trop contente qu’ils se soit retrouvés bien que Ran soit choqué, il est sain et sauf ^^. J’ai bien aimé la description que tu as fait de Kaname durant les heures suivant qu’il a vécu, la frustration qu’il a ressentit et l’angoisse dont il a été submergé durant la captivité de Ran. Il le va de soit qu’il ira se venger mais je laisse cela à a plume Hina-chan :D merci pour ton travail.

    Répondre

    • Hinata Dit :

      Coucou,

      Je vais un peu spoiler l’histoire : « disons que j’ai n’ai pas l’intention de continuer l’arc « la vengeance de Kaname‘ ^^ »". Je préfère aller à l’essentiel pour ne pas me retrouver coincer par la suite >_<
      Bien que cela fasse un moment que j'écrive cette histoire, je me considère toujours comme une novice en écriture.
      Oh, j'ai réussi à te faire ressentir tout cela ? O_O
      ça me fait plaisir de le savoir *-*
      Merci encore ! :D

      Répondre

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