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Chapitre 11

~Mon Orchidée~

Ran se dirigea vers la salle de bain que lui avait indiqué Kaname, lentement, il poussa la porte vitrée fumée et entra. Ses pieds frôlèrent les carreaux froids, il se mit à scruter ce nouvel environnement. Il remarqua les vêtements ainsi qu’une serviette posée sur un petit meuble.
Cette gigantesque pièce était partagée entre un jacuzzi et une douche accompagnée d’une porte vitrée. Il ne put s’empêcher de comparer sa situation à la sienne : il vivait dans un petit appartement, qui n’était pourvu que d’un petit espace dédié au bain.
Ran s’approcha du centre de la pièce et vit, accroché au mur, un grand miroir, qui le refléta. Cette vision l’horrifia. Il portait les marques de son agression sur son corps, il serra les dents, les larmes coulèrent le long de ses joues. Il souhaitait oublier cela mais son corps s’y refusait ! Il tremblait de toute part, soudainement, il fut prit d’une violente nausée, il se rua sur le lavabo et se soulagea. Il ouvrit le robinet, prit une gorgée d’eau et se lava le visage. Il laissa l’eau couler afin de nettoyer ce qu’il avait sali. Il n’arrivait pas à chasser la pensée que Kaname l’ait vu ainsi, qu’allait-il penser de lui ? Il n’avait rien dit à Ran, il s’était contenté de l’emmener chez lui et de le soigner. Il s’en voulait de ne pas avoir été capable de se défendre contre ces hommes, le directeur l’avait nommé chef du projet dans l’espoir de promouvoir l’entreprise. Au lieu de cela, c’était le scandale qu’il apportait !
Sans oublier que ce serait un déshonneur pour lui si « l’affaire » s’ébruitait et qu’il perdrait toute crédibilité face à ses subordonnés. Il avait encore en mémoire le visage de ses collègues, heureux de travailler sur ce projet, dans l’espoir pour certains de monter d’un échelon, et pour d’autres de montrer leurs capacités !
Tout était de sa faute ! Il fallait qu’il fasse quelque chose pour réparer cela !
Une fois les idées claires, il sécha ses larmes puis referma le robinet. Il laissa tomber par terre, la veste de Kaname et entra dans la douche puis ouvrit le robinet et laissa l’eau couler. Il passa sa tête sous le jet d’eau, espérant ainsi qu’elle le laverait de ses tourments puis de nouveau, un flot de larmes le submergea.

******

Ran sortit de la salle de bain et marcha de longues minutes, il constata à quel point cette maison était immense, avec ses nombreuses pièces, il essayait de se souvenir du chemin que lui avait montré son sauveur. D’un coup, il entendit une voix rauque qui le fit sursauter, elle venait du salon.

Arrivé à l’endroit, il entrouvrit la porte et découvrit Kaname la mine grave, assis dans un fauteuil en cuir, les jambes croisées et une cigarette à la main en pleine conversation téléphonique.
Kaname employait avec son interlocuteur un ton froid, Ran ne reconnaissait plus celui qu’il avait connu, celui qui l’avait sauvé plus tôt dans la soirée. Il avait à faire à une personne distante, cette attitude l’effraya et le déconcerta. Ne voulant pas le déranger, il s’apprêta à s’en aller quand une voix le somma de s’arrêter. Il se retourna et constata que Kaname était debout, déposant le combiné sur une table en verre. Il demanda à Ran de se rapprocher, celui-ci ne savait pas qu’elle attitude adopter avec lui. Qu’allait-il lui dire ? Allait-il lui reprocher son attitude ? Lui demander de lui rendre des comptes ? Ran n’en savait rien, tout se bousculait dans sa tête à tel point qu’il fut incapable de prononcer un mot, ce qui étonna Kaname.

- Je vois qu’ils sont trop grands pour toi.
- Hein ? s’exclama Ran, qui ne comprenait pas à quoi faisait allusion le jeune héritier.
- Je parle des vêtements, ils sont trop grands pour toi. Désolé, ils ne sont pas à ta taille. Je n’ai que cela à te proposer.
- Ne vous en faites pas ! Ça me convient parfaitement ! Et merci… Dit-il timidement.
- Bien, si tu le dis.

Ran resta silencieux de peur de dire une bêtise et baissa la tête afin de ne pas croiser le regard de Kaname. Il supportait mal le fait d’être seul dans cette pièce avec lui. Il ne savait pas de quoi il serait capable s’il osait prononcer un mot. Devant son mutisme, Kaname n’était pas d’humeur à lui demander les détails de son agression, il se dit que ce n’était pas le moment pour ça et que le jeune homme sur son air bourru devait encore être affecté par cela bien qu’il ne le montrait pas.

- Il serait temps que tu ailles au lit, il se fait tard dit-il tout en s’approchant de la porte.
- Hein ?
- Qui y-a-t-il ? Dit-il tout en se retournant.
- N… Non rien, fit-il.
- Viens, je vais te monter ta chambre.
- Hein ? Ce n’est pas la peine, je me contenterai du canapé.
- Il n’en est pas question, il fait trop froid pour y dormir. De plus, tu es mon invité, je n’accepterais pas que tu dormes là.

Devant le refus de Kaname, Ran ne savait pas comment réagir. Il refusait de dormir ici et décida de quitter les lieux. Il s’avança à la hauteur de la porte et de son hôte, il toucha la poignée et la porte s’apprêtait à s’ouvrir quand une main la bloqua. Kaname plaqua Ran contre la porte.

- Où vas-tu comme ça ? dit-il d’un regard acéré qui l’effraya.

Le visage de Kaname se rapprocha de celui de son invité. Celui-ci pouvait sentir sa respiration sur son visage. Ses yeux verts le fixaient d’un regard accusateur et le figèrent en un instant. Le corps de Ran tout entier se mit à trembler, il fut incapable d’aligner deux mots.

- Ne me pousse pas à bout, s’il te plaît, lança Kaname.

Devant cette attitude, Ran ne put contrôler ses larmes, il ne devait pas flancher, tout était de sa faute. Il venait de faire capoter le projet de Kaname, il était naturel qu’il soit furieux. Il s’était engagé à prendre ses responsabilités même si cela lui coûtait son travail ainsi que sa dignité. Il s’était préparé sous la douche à affronter la colère de Kaname mais malgré cela, il ne pouvait s’empêcher de sangloter. Il se détestait d’être si faible.

- Vous n’aviez pas besoin d’être si cruel avec moi, dit-il à demi-mot.

Kaname sentit une violente douleur le frapper au cœur, il se sentait coupable, et ne voulait aucunement blesser Ran, il était en colère contre lui-même. Il ne pouvait oublier le fait que ces hommes aient pu goûter à sa saveur. Lui et  lui seul avait le droit à cela !

Il s’approcha de la bouche tremblante de Ran et s’empara de ses lèvres, il enroula sa langue autour de la sienne, un peu de salive coula de la bouche de Ran qui frémissait de ce doux contact. Lui qui d’habitude détestait cela et sans qu’il puisse expliquer pourquoi, s’adonna à ce baiser et laissa Kaname mener la danse. Ce dernier, surprit de la docilité de Ran, en profita pour approfondir son étreinte, rentrant et retirant sa langue de la bouche du jeune homme, le temps de lui laisser reprendre sa respiration. Il s’arrêta et prit le jeune homme dans ses bras. Dans le creux de son oreille, il lui susurra :

- Oublie. Oublie tout ce qu’il s’est passé et ne pense qu’à moi ! Dit-il d’une voix douce et hypnotisante.

En entendant cela, Ran s’effondra, l’architecte rattrapa son corps puis ouvrit la porte et porta le jeune homme, inconscient. Il l’emmena dans une pièce au fond du couloir, entra et déposa délicatement cette fleur sur un immense lit et le recouvrit d’un drap. Des larmes s’écoulèrent du coin des yeux du jeune homme endormi.

Sans doute était-il en train de faire un cauchemar pensa Kaname.

Ran se mit à murmurer des excuses, Kaname s’en voulait de ne pas l’avoir « marqué » plus tôt. Ne pouvant plus supporter cette vue, il essuya la peine de Ran à l’aide de ses doigts et déposa un  léger baiser sur ses lèvres. Il souhaitait que cette nuit efface ce qu’il avait vécu.
Il éteignit la lumière et referma la porte.

 ******

Quelques heures plus tard…

Il pleuvait des cordes…

Kaname, était assis sur le fauteuil, travaillant sur son ordinateur portable, posé sur une table et à côté, une tasse de café. Les traits tirés, il se mit à regarder sa montre qui affichait 03 h 20 du matin. Cela faisait plusieurs heures qu’il planchait sur ses projets en faisant attention à ne pas réveiller son invité. Il se réjouissait que celui-ci se soit abandonné aux bras de Morphée. Maintenant qu’il avait réglé cette « affaire », il se questionnait de la suite à donner. Il avait recueilli le jeune éphèbe et avait du mal à contenir son désir. Il n’y avait qu’un couloir qui les séparait. Le désir le consumait de l’intérieur et le jeune homme n’avait pas idée dans quel état il l’avait mis quelques heures plus tôt. Maintenant, qu’il était avec lui, il ne restait plus qu’à évincer Fujinami. Comment allait-il s’y prendre pour que sa fleur ne regarde que lui ? Si cela ne tenait qu’à lui, il l’enfermerait à double tour dans une cage dorée dont lui seul aurait la clé.
Son désir de le posséder se renforçait chaque jour, il s’étonnait lui-même de sa maîtrise à se contrôler. En effet, il ne fallait pas trop brusquer le jeune homme qui était encore secoué par son agression
En pleine réflexion, il entendit la sonnerie retentir…
Il s’étonna de recevoir quelqu’un à cette heure-ci. Il alla voir et quand il ouvrit la porte, il vit un homme d’environ 1m80, vêtu d’un tee-shirt moulant qui laissait apparaître ses charmes, et d’un jean déchiré sur les bords. Il était trempé jusqu’aux os. Son visage était d’une pâleur que Kaname ne lui connaissait pas, sa tentative de suicide l’avait visiblement beaucoup affaibli. Aussitôt après avoir vu Kaname, il entra, referma la porte et se jeta sur son torse, ce qui le stupéfia.

- Yan ! Que fais-tu ici ?
- Kaname… Je voulais te voir ! Tu m’as tellement manqué ! Tu ne répondais plus à mes appels, ni à mes messages. Déclara-t-il tout en se cramponnant à la chemise de l’architecte.

Kaname le repoussa aussitôt, ce qui surprit l’homme, il ne s’attendait pas à ce qu’il le rejette de nouveau.

- Je t’ai déjà dit ! C’est fini entre nous ! Alors cesse de m’importuner !
- Fini ? Non, ce n’est pas fini ! Je t’aime Kaname, seulement toi et personne d’autre ! S’il te plaît, pardonne-moi, implora-t-il à son encontre.
- M’aimer ? Laisse-moi rire ! Ça ne t’a pas empêché d’aller voir ailleurs et de mêler Kazumi à ça !
- Je ne lui ai rien demandé, nous nous sommes rencontrés par hasard le jour où il est rentré au Japon et il a vu que je n’allais pas bien. Il s’est occupé de moi et il a été un confident pour moi mais ça s’arrête là ! Je ne lui ai pas dit de recoller les morceaux entre nous !
- Oh arrête ! Tu t’es dit « puisque je ne peux pas l’avoir, je vais me servir de son ami. Tu es vraiment le pire qui soit !

Devant les propos cruels de Kaname, l’homme ne put arrêter le flot de larmes de s’écouler. Il savait que l’architecte était quelqu’un de froid au travail comme en amour mais là, c’en était trop pour lui. Son ex-amant ne ressentait pour lui que du dégoût.

- Tout est de ta faute ! Hurla-t-il. Kazumi m’avait prévenu mais malgré cela, je t’aimais et je souhaitais être à tes côtés. Même en étant là, tu restais distant et froid avec moi. Les seules fois où tu ne l’étais pas, c’était lors de nos ébats. Je sais que ce que j’ai fait était stupide mais je voulais que tu fasses disparaître mes doutes et que tu m’aimes ne serait-ce qu’un peu. Mais ça n’a servi qu’à détruire le lien qui nous unissait.
- Yan, au début de notre relation, j’ai été honnête avec toi, le seul lien que je pouvais avoir avec toi était physique. Même si tu tombais amoureux de moi, je ne pourrais t’aimer, et tu as accepté quand même. Ne viens pas me dire que c’est de ma faute maintenant !

Yan se tue, il ne savait quoi répondre devant les reproches de cet homme, il savait qu’il avait raison mais il se dit que c’était la faute de Kaname si cela avait tourné ainsi. Refusant d’ouvrir son cœur, il devait bien s’attendre à ce que quelque chose comme cela arrive un jour ou l’autre. Il refusait d’abandonner, il était fou amoureux de ce dernier même en sachant que son amour n’était pas réciproque.

- Tu ne peux pas avoir oublié ce que nous avons vécu, nos baisers, nos étreintes, la sensation de nos corps fusionnant l’un avec l’autre. Je satisfaisais le moindre de tes désirs.
- C’était avant, maintenant, ce n’est plus le cas.

La pluie avait rendu son tee-shirt transparent, dévoilant ses tétons au regard de tous. Il tenta le tout pour le tout afin de le récupérer.
Yan s’approcha du torse de Kaname et commença à le caresser. Il inclina la tête, son regard emplit de désir croisa celui de son ex qui exprimait de la colère et malgré cela, il l’embrassa.
Kaname le repoussa sans ménagement, et il fut projeté en arrière.
Appuyé dos au mur, Yan passa sensuellement ses mains sur son torse, s’attardant sur ses tétons qu’il pinça. Des gémissements ne tardèrent pas à franchir ses lèvres entrouvertes.

- Arrête cela ! Ordonna Kaname.

N’en supportant davantage, Kaname attrapa violemment Yan par le bras, ouvrit la porte et le jeta dehors.

- Va-t’en et oublie-moi ! Dit-il d’un ton froid.
- Kaname ! Pourquoi ?!! Pourquoi ne peux-tu pas m’aimer alors que je t’aime tant !
- J’aime quelqu’un d’autre.

Cette révélation stupéfia Yan qui ne s’attendait pas à entendre cela de la bouche du jeune héritier.
Il crut que c’était un mensonge de sa part afin qu’il abandonne mais la façon dont il l’avait annoncé démontrait qu’il était sérieux. Il n’arrivait pas à y croire ! Le cœur de l’homme qu’il aimait appartenait à quelqu’un d’autre.

- Ce n’est pas possible car tu n’aimes personne !
- Eh bien, j’aime vois-tu.
- Qui est-ce ?! Et quel genre de personne est-ce pour avoir réussi à capturer ton cœur ?
- Il est différent de toi sur tous les points ! Il déteste les personnes comme moi. Dit-il le sourire aux lèvres.
- Hein ? Tu aimes quelqu’un qui te déteste ! Tu es devenu fou ! Tu es amoureux d’une telle personne alors que je t’aime tant !
- Comme tu l’as si bien dit, je suis complètement fou de lui et je ne veux que lui et personne d’autre !
- Pourquoi ça ne peut pas être moi ? Dis-moi !
- Yan, ça suffit. Je t’ai expliqué les raisons, ça ne sert à rien de ressasser le passé, tu ne fais que du mal à toi-même. Trouve-toi quelque d’autre qui t’aimera de tout son cœur et oublie-moi. dit-il tout en refermant la porte sur le jeune homme, assis par terre, les larmes aux yeux.

Kaname pouvait entendre les pleurs du jeune homme, les coups de poings à la porte et ses supplications de le laisser entrer.

******

Le soleil montrait le bout de son nez, Ran toujours emmitouflé dans les draps, ouvrit une paupière puis la seconde. Il remarqua que quelque chose l’empêchait de se mouvoir. Il s’agissait d’un corps, plus précisément celui de Kaname, torse nu et vêtu d’un pantalon dont la fermeture éclair était légèrement ouverte. Il était étendu à côté et le tenait fermement dans ses longs bras. Il était abasourdi de voir cet homme dormir à côté de lui, il s’interrogea sur sa présence, et si par hasard, il n’aurait pas tenté quelque chose pendant son sommeil. Il repensa à son geste de la nuit précédente, il avait cédé à ses avances, son cœur s’était mis à battre de plus en plus vite. Il souhaitait ses baisers, qu’il le réconforte, et à cette pensée, ses joues se teintèrent d’une couleur cramoisie. Il ne se reconnaissait plus et ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il n’avait pourtant aucun intérêt pour les hommes mais celui-ci, bien qu’il ne veuille pas le reconnaître, le fascinait.

Il ne put s’empêcher de contempler son visage endormi, qui peut importait les lieux ou les occasions, était beau, ses traits fins, ses longs cils et son nez si bien dessiné, il n’arrivait pas à détacher son regard de lui. Il se rapprocha de cet œuvre d’art, son rythme cardiaque s’accéléra.

J’ai chaud… Pourquoi, j’ai une soudaine envie de l’embrasser ? se questionna-t-il. Malgré le fait qu’il soit un homme, je suis irrémédiablement attiré par lui. Serait-ce pour cela que je l’ai laissé faire ? Non ! Il m’a juste sauvé la vie et j’étais sous le choc, c’est ça ! C’était juste sous le coup de l’émotion !

Ses pensées n’étaient pas en accord avec son corps, sans qu’il ne s’en rende compte, ses doigts étaient à proximité des lèvres de l’architecte. Il sentait son souffle chaud, cela le fit frémir. Il se rapprocha davantage, jusqu’à ce que ses lèvres atteignent les siennes, elles n’étaient qu’à quelques millimètres de s’unirent quand il se reprit. Il n’arrivait pas à croire qu’il ait voulu l’embrasser.

Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ! J’ai failli l’embrasser ! Heureusement que je me suis arrêté à temps ! Il faut que je m’en aille avant qu’il ne se réveille.

Rouge écarlate, il tenta de se débarrasser de cette étreinte qui avait trop duré et en silence sous peine de réveiller Kaname. Mais c’était sans compter sur la malice de celui-ci, qui l’agrippa par le bras et le renversa sur le lit. Il se retrouva sous Kaname qui, pour l’empêcher de partir, avait placé chacun de ses bras de part et d’autre de la tête de Ran.

- Argh ! Mais qu’est-ce que vous faites ?! Grogna-t-il.
- Tu pars sans même remercier celui qui t’a secouru ? Dit-il d’une voix suave.
- Je ne partais pas, j’allais dans la salle de bain ! Et laissez-moi partir !
- J’avais plutôt l’impression que tu prenais la poudre d’escampette.
- Pas du tout. dit-il timidement.
- Enfin bref, et si tu continuais ce que tu faisais tout à l’heure.
- Hein ? Comment ça?
- Je parle du baiser.

Ran sentit le rouge lui monter aux joues et  ne savait que répondre, il croyait que Kaname dormait mais en fait non. Il l’avait senti se rapprocher et n’avait rien dit. Il l’avait laissé faire.

- V… vous ne dormiez pas ? dit-il tout en bégayant.
- Comment aurais-je pu dormir alors que celui que j’aime me fait cela, j’aimerais que tu continues là où tu t’es arrêté.

Mon dieu, il veut me faire mourir de honte ou quoi ? Il aurait mieux fait de se réveiller au lieu de faire semblant, je n’aurais pas à faire un acte aussi humiliant. Que faire ? Il m’a vu et il veut que je continue… cela ! se dit-il tout en tournant sa tête afin de ne pas croiser son regard ténébreux.

Kaname contempla l’homme d’un air amusé, il ne pouvait s’empêcher de jouer avec ses réactions toujours aussi amusantes. Ran était, selon lui, comme un livre ouvert, toutes ses expressions transparaissent sur son visage. C’était cette part de lui que Kaname appréciait tant. Avec un brin de taquinerie, Kaname espérait que Ran réitèrerait cela, il avait le sentiment qu’il ressentait quelque chose lui aussi mais qu’à cause de sa fierté d’homme, il refusait de l’admettre. Il voulait entendre de sa bouche les mots qu’il attendait. Voyant que le jeune homme n’était pas disposé à l’embrasser, il appuya ses lèvres contre les siennes et l’embrassa langoureusement.

Ne pense même pas à t’éloigner de moi, tu es à moi et rien qu’à moi ! Pensa Kaname qui s’enfonçait profondément dans l’antre de Ran.

Toujours occupé avec sa bouche, ses mains se faufilèrent sous les vêtements de Ran, s’amusant à dénicher ses endroits sensibles. Son torse appuyait légèrement contre le sien, à travers le tissu du vêtement, ses tétons pointèrent d’excitation. Il le déboutonna et entama de légères caresses sur sa peau, il suça avec avidité le creux de son cou, puis goûta à ses tétons. À l’aide de sa langue, il fit des massages circulaires et les lécha, lentement et suavement pour finir par les mordiller. Il arracha de doux gémissements à son invité qui s’accrochait aux draps du lit. Haletant et les yeux en larmes, Ran se cambrait de plaisir. Il était entraîné par le rythme de Kaname qui, loin de s’arrêter, accentua cela. Ce dernier ne pouvait résister à cet homme si envoutant qui essayait de cacher son malaise en mordillant l’oreiller. Cela attisait son désir et son côté dominateur. Il se releva et descendit jusqu’à atteindre son bas ventre, enleva le pantalon et tomba nez à nez avec son boxer. Il aperçut le membre comprimé par le tissu, un peu de semence s’en écoulait. Cette vision enchanta l’architecte, heureux qu’il réagisse à ses caresses. Honteux, Ran supplia Kaname d’arrêter, s’en était trop pour lui mais au lieu de cela, il releva le bassin du jeune homme et ôta ce qui l’entravait. Les vêtements de Ran jonchèrent le sol.

Devant lui était allongé l’être qu’il convoitait depuis de nombreuses semaines, celui qui faisait fondre son cœur de glace et redonnait de la couleur à son monde teinté de noir et de blanc. Il le désirait plus que tout au monde, c’était la première fois qu’il ressentait cela.
Le jeune homme était svelte, et sa fine musculature n’enlevait en rien à son charme d’homme, un doux parfum se dégageait de lui, un peu comme une fleur qui pour attirer les abeilles produit un nectar sucré.
Il comprenait pourquoi les agresseurs de la nuit dernière n’avaient pu résister à ça.

- S’il vous plaît, ar… rêtez… supplia-t-il à chaudes larmes.
- Je ne m’arrêterai pas ! Sais-tu tout le mal que j’ai eu à me contenir après le visage que tu as affiché hier soir ?
- Pitié, je ne veux pas…
- Non, hier soir, j’ai eu des remords, j’ai compris que si j’attendais trop longtemps, quelqu’un d’autre te prendrait à moi et il n’en est pas question ! Je vais de ce pas rectifier le tir et te monter à qui tu appartiens, ainsi tu ne seras plus convoité. dit-il avec détermination.

Aussitôt dit, il posa un oreiller sous son bassin, observa avec désir son membre se dresser fièrement et laissant couler à son bout, un doux nectar. Il ne put résister malgré les protestations de Ran.
Il lécha le gland, et fit de légères succions ; ce geste provoqua un électrochoc qui parcourut la colonne vertébrale de Ran. Celui-ci se cambrait de plus en plus, son souffle s’accélérait, il fut incapable de résister à cette douce torture. Kaname le prit entièrement en bouche, le léchant et le suçant tout le long. Il se mit à caresser ses boules de chair en même temps, tout en savourant avec délice, le pénis en érection.
L’esprit embrumé, Ran sentait son corps s’abandonner comme la nuit dernière, il répondait parfaitement à chacune des caresses de son partenaire et  pour ne pas arranger les choses, il en demandait plus !

Ah ! Je n’en peux plus… Je me sens bizarre… Je ne contrôle plus mon corps… ça vient !

Le corps de Ran était parcouru de frissons, il sentit le plaisir le submerger, et sans pouvoir se contrôler il se déversa dans la bouche de Kaname. L’architecte avala jusqu’à la dernière goutte du liquide séminal du jeune homme pour le plus grand embarras de celui-ci. Il se releva et le regarda avec une expression malicieuse et déclara :

- Merci pour ce succulent petit-déjeuner.

Agacé par ce comportement, Ran se releva, attrapa ses vêtements qui trainaient par terre et partit à toute vitesse en claquant la porte derrière lui. Il se précipita dans la salle de bain. Kaname toujours abasourdit par sa réaction, ne put s’empêcher de ricaner, il venait d’obtenir quelque chose de fort intéressant, cela attisa encore plus son désir de possession.
Nu et caché dans la salle de bain, Ran n’arrivait pas à croire qu’il avait fait cela avec Kaname, le faire avec un homme, chose inimaginable ! Et le plus incroyable, c’était qu’il le voulait lui aussi !

Que m’arrive-t-il ? Bon sang ! Mon corps réagit à ses moindres paroles ou gestes ! Pourquoi ? Pourquoi mon cœur bat-il lors qu’il est près de moi ? C’est incompréhensible ! Serait-ce le résultat de la nuit dernière, quand il m’a pris dans ses bras ? Serais-je amoureux de lui ? Non, on ne tombe pas amoureux sous prétexte qu’on vous a sauvé la vie, ça  ne se passe comme ça que dans les films ! D’ailleurs, je me demande pourquoi il ne m’a pas posé des questions sur hier soir et ma présence en ses lieux… Étrange.

******

Après s’être calmé et changé, Ran retourna sur son lieu de travail, Kaname lui avait proposé de le raccompagner mais il avait refusé net ! Comment pouvait-il faire comme si de rien était avec ce qu’il lui avait fait ! Il ne voulait plus le voir mais malheureusement, il était condamné à le côtoyer tous les jours jusqu’à ce que le jardin soit achevé.

Arrivé sur place, il se rappela des événements qui s’étaient déroulés et n’avait pas le courage d’affronter le regard de ses collègues qui devaient être au courant pour cela. Il redoutait plus particulièrement la réaction de son bras droit, Fujinami. Il marcha, la gorge sèche, les yeux baissés et se dirigea vers un groupe de paysagistes attroupés devant le local, il savait que tout serait fini à cet instant précis. Il prit son courage à deux mains et les rejoignit.

- Tu as entendu ce qu’il s’est passé hier soir ?
- Oui, je l’ai entendu mais j’ai du mal à y croire ; S’exclama un autre.
- Moi, non plus ! C’est inimaginable !

Ran sentait la pression monter à mesure que les informations lui parvenaient, il sentait l’étau se resserrer, la chute n’en serait que plus terrible ! Leurs regards sur lui changeraient en une fraction de seconde mais malgré le risque de tout perdre, il se lança !

- Je suis désolé ! Tout est de ma faute ! J’en prends l’entière responsabilité ! déclara-t-il tout en se courbant en forme de respect.

Déconcertés, par cela, les collègues restèrent pantois face à cette déclaration qui était plus ou moins surprenante.

- Excusez-moi Monsieur, mais pourquoi, vous excusez-vous ? Vous n’avez rien fait de mal à ce que je sache ?
- Hein ? De quoi parlez-vous ? N’êtes-vous pas supposer m’en vouloir pour ce qu’il s’est passé ?
- Pourquoi vous en voudrait-on ? dirent-ils inquiets.
- À cause de ce qu’il est arrivé !
- Au lieu de vous en vouloir, nous devrions vous remercier ! Car grâce à vous, vous avez sauvé nos emplois !

Hein ? Mais de quoi parlent-ils à la fin ?! Ne sont-ils pas au courant pour mon agression ? Je n’y comprends plus rien ! Pensa Ran.

- Excusez-moi, si ma question peut paraître étrange, mais pouvez-vous me raconter ce qu’il s’est passé, s’il vous plaît ?

Ils le regardèrent, médusés pendant un moment avant de lui raconter ce qui était arrivé.

- Eh bien, voilà des semaines que les ouvriers du bâtiment et nous sommes en conflit et cette fois-ci, ils ont décidé pour nous empêcher de travailler et de nous forcer à quitter le chantier. Ils étaient déterminés à saboter et à détruire nos instruments de travail et fort heureusement, vous étiez là et vous les avez arrêtés ! dit l’un des collègues le sourire aux lèvres.

- Quoi ?!

Mais c’est quoi cette histoire ? Ce n’est pas ça qu’il s’est passé ! Mais qui est allé leur raconter cela ?

- Quelque chose ne va pas, Monsieur ?
- Si si, je vais bien, je me demandais comment vous étiez au courant de cela ? dit-il une grimace au visage pour dissimuler sa surprise.
- Eh bien, par l’intermédiaire de Monsieur Kitamura, il nous a mis au courant ce matin !

Monsieur Kitamura ? Ah ! Je vois, il a menti afin que personne ne sache ce qu’il s’était passé ! Je comprends ce que cet homme entendait par «  je te laisse t’occuper du reste ».

Il était atterré par le pouvoir et le professionnalisme de Kaname. Il venait de lui sauver la mise une seconde fois. Il lui devait beaucoup et savait que l’architecte prendrait un malin plaisir à lui rappeler.

- Hum… Et que sont devenus les ouvriers ? Je ne les ai pas vus.
- Eh bien, le contremaître les a renvoyés sur ordre de Monsieur Jitsuryoku.
- Renvoyés ?!
- Oui, selon Monsieur Jitsuryoku, ils n’étaient pas à la hauteur de ses exigences, qu’ils entachaient la réputation de son cabinet.
- Je vois. dit-il d’un air détaché.

Mais c’est quoi ce retournement de situation, je ne sais pas quoi penser maintenant. Cet homme est impitoyable en affaires et avec ceux qui lui mettent des bâtons dans les roues. C’en est presque effrayant… Il est différent de ce  matin qui affichait un visage emplit de douceur.
Il m’a bien forcé mais il y avait quelque chose de différent. J’avais beau être embarrassé, je n’arrivais pas à me soustraire à ce délice. Serais-je en manque ou quoi ? De là à coucher avec un homme ? S’interrogea-t-il.

Son rythme cardiaque s’accéléra, à la remémoration de leurs ébats de ce matin, il devint rouge comme une pivoine. Cela n’échappa pas aux autres qui se posèrent des questions. Ils s’imaginèrent que leur chef était malade. Ne voulant pas les inquiéter inutilement, Ran s’empressa de les rassurer, puis il partit.
Il emprunta un chemin de terre, prit une direction qui menait directement au local de Kaname quand une voix au loin l’interpella. C’était Fujinami, en sueur, courant comme un fou en direction de Ran, il était essoufflé. Il s’immobilisa et s’agenouilla afin de reprendre sa respiration avant de parler.

- Monsieur Fujinami ! Vous allez bien !
- Je t’ai enfin retrouvé.
- Comment cela « me retrouver » ? Pourquoi me cherchiez-vous ?
- J’ai su ce qu’il t’était arrivé, tout va bien ? J’étais si inquiet.
- Inquiet ? Pourquoi ?
- Inquiet par ce qui est arrivé  ici, la nuit dernière ! dit-il avec une voix emplie d’inquiétude.
- Ah ! Vous parlez de cet incident, ne vous tracassez pas pour cela, tout est rentré dans l’ordre. Assura-t-il à l’aide d’un sourire à son mentor.

Ran salua Fujinami, les yeux rivés au sol et s’en alla. Brusquement, celui-ci se releva, se précipita sur Ran et le prit dans ses bras.

- Cesse cette comédie ! Je sais ce qu’il s’est passé ! Je sais ce que tu as subi !
- Monsieur Fujinami ? Qu’est-ce qu’il vous prend ? Lâchez-moi, s’il vous plaît ! Vous me faites mal !
- Je ne te lâcherai pas et je ne te laisserai pas à cet homme ! Tu es à moi !
- De quoi parlez-vous à la fin ! Je ne comprends rien à ce que vous dites !
- Hier soir, j’étais là quand tu as été agressé par les ouvriers !  Tu n’as pas besoin de faire comme si de rien n’était. Je suis désolé, je n’ai pas pu te porter secours, au moment où je m’apprêtais à le faire, Monsieur Jitsuryoku est intervenu et t’a emmené avec lui.

C… Co… Comment… Fujinami était là… Il a tout vu !

Son second resserra son étreinte, l’empêchant ainsi de s’enfuir, de là où il était, il pouvait sans mal voir sa nuque. Elle était fine, ses poils se dressèrent au contact de la respiration de Fuji.
Il baissa légèrement la tête afin  d’y déposer ses lèvres mais son élan s’arrêta net quand son regard se porta sur des marques.  Kaname l’avait marqué dans le cou pour prouver son appartenance.
Cette vision le mit dans une colère noire, il serra les dents et renforça son étreinte.

- Ce type !!! Il t’a marqué !!! Fulmina-t-il.
- Hein ? S’exclama Ran.
- Tu t’es donné à lui, c’est ça ?! Je n’arrive pas à y croire ! Je me suis toujours dit, que c’était impossible pour moi à cause du fait que nous soyons tous les deux des hommes mais là, je ne vais pas rester les bras croisés et laisser ce type te prendre à moi !

Fujinami prit une profonde inspiration et déclara :

- Je t’aime, je t’ai toujours aimé ! Sois mien ! Affirma-t-il tout en tenant son menton et en rapprochant son visage du sien.

7 Réponses à “Chapitre 11”

  1. djen Dit :

    bonjour hinata on s’est rencontré a plusieurs reprises sur plusieurs forum je te laisse un commentaire car je suis une vrai fan accro de ta fiction ta vraiment du talent, je suis devenu accro rien qu’en lisant le 1er chapitre j’attend a chaque fois avec impatience les chapitres a suivre si j’avais étai éditrice ou autre je t’aurais publié et crois moi on aurai fait malheur.
    Ton histoire est prenante des qu’on la commence on ne peut plus s’arreter on en veut toujours plus en tous cas c’est ce que je ressens j’en veux encore et encore.
    J’ai hate de lire la suite je te soutiendrai jusqu’à la fin.
    A bientot

    Répondre

    • Hinata Dit :

      Merci pour ce commentaire :D
      J’ai une mémoire de poisson T.T
      Je suis désolée >.<
      Les premiers chapitres sont "hachés", mais bon après je m'améliore…
      L'éditer ? Je n'y ai jamais pensé…
      Oh là là, tu es devenue acrro, pourtant, ce n'est pas une drogue XD
      quoique pour certains s'en est une ^^"
      La suite arrivera prochainement et merci de me soutenir jusqu'à la fin (espérons que j'arrive jusque là XD).
      Je poste mes chapitres sur ce blog, donc il faudra venir régulièrement pour voir si un nouveau chapitre est posté :D

      Répondre

  2. Allennaruto Dit :

    Si si si, c’est une drogue et moi aussi j’en suis accro…
    Je veux la suite.
    Super chapitre t encore ce Fujinami qui joue les trouble fait, j’adore^^

    Répondre

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