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Chapitre 5


~Un réveil mouvementé~

A l’appel de son nom, Ran se retourna et vit au milieu de la rue, un homme vêtu de noir de la tête aux pieds.

Hein ? Qui est-il et pourquoi m’interpelle-t-il ?

L’homme marcha lentement dans sa direction. Celui-ci était grand, assez musclé et portait des lunettes noires qui dissimulaient une grande partie de son visage. Une étrange atmosphère semblait émaner de cet homme. Se rapprochant du jeune paysagiste, Ran sentit un frisson grimper le long de sa colonne vertébrale.

- Ran Ouka, je présume ?
- Heu…oui ? C’est moi. Vous désirez quelque chose, Monsieur ?
- Oui…en quelque sorte.

Au moment où Ran entama son interrogatoire, l’inconnu le stoppa pour l’inviter à le suivre car selon lui, il y avait un peu trop de monde autour d’eux.

Ils arrivèrent bientôt dans une ruelle sombre.

- Je vous ai cherché partout ! Où étiez-vous donc depuis tout ce temps ! Venez avec moi, Monsieur vous attend.
- Hein ? Comment ça, Monsieur m’attend ? Je ne comprends rien à ce que vous dites ! Et puis d’abord, qui êtes-vous ?!
- Je suis Aoyama, le majordome. Maintenant que les présentations sont faites, veuillez me suivre. Dit-il tout en tirant par le bras le jeune récalcitrant, peu disposé à le suivre.
- Hein ? Non ! Il n’en est pas question ! Je ne veux pas ! Lâchez-moi !
- Cessez de vous débattre, sinon je serais contraint d’employer la manière forte !
- Non ! Lâchez-moi, je vous dis !!

Ran se mit à crier tout en se débattant, mais cela fut en vain car ils se trouvaient dans une vieille ruelle. Par conséquent, il y avait peu de chance pour qu’une personne passa et entendit ses cris de détresse. C’était pour cette raison que notre inconnu avait choisi ce lieu pour son kidnapping.
Constatant que Ran n’était pas disposé à le suivre, le secrétaire fit signe à deux de ses hommes qui se trouvaient plus loin, dissimulés dans la pénombre pour lui venir en aide, afin de maîtriser le jeune homme.

- Mais lâchez-moi, je vous dis ! Pourquoi faîtes-vous cela ?
- Je vous l’ai dit, mon maître vous attend.

L’homme sortit de sa poche un mouchoir imprégné de Chloroforme qu’il mit sur le nez et la bouche de Ran, l’obligeant ainsi à l’inhaler.

- Mais qu’est-ce que vous faîtes ! Lâch…moi…Kaname !

Au bout de quelques instants, Ran chancela pour ensuite s’évanouir dans les bras d’un des hommes de main.

- Bien…dépêchez-vous de l’embarquer ! Faites-le monter dans la voiture. Nous sommes suffisamment en retard !
- Oui, monsieur !

Les hommes emmenèrent le jeune amant à bord d’une limousine noire aux vitres teintées, garée non loin de la ruelle. Au même moment, caché dans un recoin de celle-ci, quelqu’un d’autre assista à toute la scène.

******

Quelques heures plus tard, allongé sur un lit inconnu dans une chambre, Ran reprit peu à peu ses esprits.

Humm…où suis-je ? J’ai la tête qui tourne. Qu’est-ce que je fais ici ? Je me souviens être allé en ville pour m’acheter de nouveaux vêtements et…je n’arrive pas à me souvenir de ce qui s‘est passé ensuite. Pensa-t-il, en se levant brusquement et surprit de se trouver dans cet étrange lieu. Quel est cet endroit et où sont mes affaires ? Se demanda-t-il, tout en regardant autour de lui.

Soudain, une mystérieuse voix mit fin à toutes ses interrogations. Il s’agissait de son kidnappeur. Celui-ci était vêtu de l’habit traditionnel du majordome où était accroché au col de sa veste leur emblème. Ses cheveux recouverts de gel et ainsi que sa démarche, accentuaient son côté stoïque.

- Vous êtes enfin réveillé ?! J’ai cru un instant que j’avais exagéré sur le chloroforme et que vous ne vous réveillerez pas avant quelques jours. Dit-il, tout en s’approchant lentement du jeune homme et profita à cette occasion pour vérifier son état de santé.
- Vous ! Je me souviens !! Vous m’avez abordé, puis drogué et enlevé !
- Veuillez me pardonner pour cela, mais si je n’avais pas employé de telles méthodes, vous ne seriez jamais venu avec moi. Concernant vos affaires personnelles, ne vous inquiétez pas, elles sont en sécurité.
- Laissez-moi sortir !!
- Je regrette, mais je ne peux accéder à votre demande. Voyez-vous…si je le faisais, je serais tué. Dit-il, d’un sourire qui ne laissait rien transparaître de ses intentions.
- Tuer ?! C’est quoi cet endroit au juste ?!
- Nous nous trouvons dans l’une des nombreuses demeures de Monsieur. Sur ce, il est temps de se préparer ! Dit-il, tout en tirant par le bras le jeune encore déconcerté par ce qu’il lui arrive.
- Mais qu’est-ce que vous faîtes ! Mais lâchez-moi ! Nom de Dieu ! Où m’emmenez-vous ?! Cria Ran.

Puis, l’homme le traîna de force dans une longue allée jonchée de tableaux, de vases et de sculptures.

- Mais lâchez-moi !
- Pardonnez-moi pour mon comportement, mais c’est un ordre de mon Maître. Il m’a explicitement demandé de vous ramener à ses côtés. Dit-il, avec un sourire bienveillant à son intention.

Wouahhh ! Il est beau quand il sourit. Pensa-t-il, tout en continuant à suivre son mystérieux kidnappeur.

Intrigué par cette demeure, Ran se mit à l’observer sur tous ses recoins et s’arrêta un instant pour contempler la beauté des lieux qui d’ordinaire, ne prêtaient aucune attention à tout ce qui touchait l’art et en fut époustouflé.

- Mon Maître a fait spécialement construire cet endroit pour son compagnon et ainsi pouvoir vivre avec lui.

Son compagnon ?! Il est homosexuel, alors ?! Il doit être sacrément riche pour se permettre de construire une telle bâtisse pour lui et son amoureux. Je me demande quel genre de personnage est ce fabuleux Maître ? Il y a tant de mystères qui l’entourent.

- Oui, le Maître est ce que la Société a défini comme un moins que rien. Une anomalie, voire une perversité du Diable puique c’est un Homosexuel, appelé généralement Hérétique. Etes-vous dégoûté par cela ?
- Pas vraiment. Chacun est libre de vivre comme il l’entend et ce n’est pas à moi de juger, sur ce qui est bon ou pas.
- Venant de vous, cela me semble difficile à croire.
- Pourquoi dites-vous cela ?
- Vous êtes homosexuel et vous cachez votre relation aux yeux de tous.
- Quoi ?! Il y a méprise, là ! Je suis hétérosexuel et célibataire !
- Vous persistez toujours avec cela ? Vous n’êtes pas honnête avec vous-même, à ce que je vois.
- Honnête ? Je suis tout ce qu’il y a ! C’est vous qui proférez de tels absurdi…

Ran n’eut pas eu le temps de terminer sa phrase, que l’homme se rapprocha de lui et posa délicatement sa main sur la joue de ce dernier.

- Quoi ? Que me voulez-vous ? Demanda-t-il, inquiet tout en reculant.
- Vous n’avez nul besoin de jouer cette comédie, je sais tout. Dit-il, en passant ses doigts sur les douces lèvres du jeune garçon.

Ran était paralysé par cette révélation et avait peur de ce que pourrait lui faire son ravisseur, car celui-ci se montrait de plus en plus entreprenant.

- Comment ça, je connais tout ? Vous ne connaissez rien ! Je ne vous connais pas et d’ailleurs ma vie privée ne regarde que moi ! Je n’ai de compte à rendre à personne !
- Vous êtes exactement comme mon Maître me l’a décrit. Vous ne vous laissez pas faire et vous avez un sacré caractère, ce qui va parfaitement bien avec ces joues si douces et roses rappelant une pêche. Ces lèvres rouges semblables à des cerises et ces longs cheveux hum…vous dégagez une odeur fruitée enivrante. Dit-il, tout en passant son bras sous sa taille et reniflant le bout de sa chevelure.
- Mais lâchez-moi ! Qu’est-ce qui vous prend !!! Hurla-t-il, en essayant de s’extirper des mains entreprenantes du geôlier.

Ran réussit à se défaire de cette étreinte forcée et le gifla pour laisser une trace sur son visage.

J’ai eu chaud ! Pendant un moment, j’ai vraiment cru qu’il irait jusqu’au bout ! Heureusement que je l’ai arrêté à temps. Il faut vraiment que je fasse attention à lui !

Quelques instants plus tard, Aoyama s’excusa auprès de son prisonnier pour son geste déplacé. Continuant à discuter, une domestique arriva vers le majordome et ils se mirent à chuchoter.

- Bien ! Fit-il, en direction de la domestique.

Aussitôt qu’ils eurent fini de parler, la domestique quitta la pièce en direction d’un autre couloir.

- Veuillez me suivre, les préparatifs sont prêts. Dit-il, en se tournant vers Ran.
- Hein ? Quels préparatifs ?
- Vous verrez bien, maintenant dépêchez-vous ! Nous sommes suffisamment en retard.
- Vous pensez vraiment que je vais me plier à vos ordres ? J’exige de rencontrer votre employeur, immédiatement !
- Je vous conseille de vous tenir tranquille, si vous voulez continuer à vivre. Par ailleurs, vous le rencontrerez en temps voulu. Ajouta-t-il, avant de claquer des doigts.

C’est alors qu’en un instant, une horde de domestiques arriva pour emmener Ran.

- Je veux que tout soit parfait ! Dit-il à la domestique en chef.
- Oui, Monsieur ! Répondit la jeune femme.

******

Elles l’emmenèrent dans une gigantesque chambre, digne des plus grands souverains de ce monde. Les murs étaient ornés des plus beaux tableaux où l’on pouvait notamment contempler des Rembrandt, des Vélasquez ou encore des De Vinci. Le mobilier qui composait cette suite était très luxueux de style empire, dont certains étaient en marbre et d’autres recouverts de magnifiques dorures. Les draps qui recouvraient le lit baldaquin étaient en soie et les rideaux aux fenêtres, en velours. Un somptueux lustre en cristal à plusieurs étages pendait au plafond. Le Maître de ce lieu avait fait en sorte que son amant se noya dans l’oisiveté.

A peine que Ran franchit le bas de la porte qu’il commença à s’agiter et hurler pour qu’il soit ramené chez lui.

- Calmez-vous, s’il vous plaît ! Nous ne pouvons pas vous laissez sortir ! Ce sont les ordres du Maître et ceux-ci sont absolus !
- Mais qui est-ce fameux Maître dont tout le monde parle à la fin ?!
- Le Maître vous désire à ses côtés.
- Moi ? Je ne comprends pas ! Je ne l’ai jamais rencontré.

Puis, l’une des domestiques coupa court aux questions du jeune en prétextant qu’elles étaient suffisamment en retard et qu’elles devaient se hâter à le déshabiller. Pour cela, elles sortirent de magnifiques costumes, yukatas et soutanes. Ici, étaient réunis des vêtements de toutes les époques et de toutes les cultures qui composaient ce monde.

- Me déshabiller ?! Vous plaisantez, j’espère ? Dit-il en rougissant.
- Si vous êtes trop gêné pour le faire devant nous, utilisez le paravent qui se trouve derrière vous, S’il vous plaît.
- Ce n’est pas une question de gêne ! Mais pourquoi devrais-je me déshabiller ?
- Nous vous avons fait couler un bain et le maître a expressément demandé que vous soyez propre.
- Depuis quand je dois me plier aux désirs de celui qui m’a enlevé ! Dites-lui que je n’ai pas l’intention de devenir sa propriété et que je rentre chez moi !! Dit-il en se dirigeant vers la porte.

Alors qu’il posa sa main sur la poignée, les domestiques l’attrapèrent pour l’empêcher de partir.

- Vous ne pouvez pas !! Le maître a longtemps attendu votre venue.
- Mais lâchez-moi enfin !! Puisque je vous dis que je ne connais pas votre Maître et que je n’y tiens pas plus que cela !! Libérez-moi !! S’exclama-t-il, tout en essayant de se défaire de l’emprise des domestiques.
- Je vous en supplie, ne partez pas !!

A force de se débattre, le paysagiste finit par tomber.

- Pourquoi est-il si obsédé par ma personne ? Je ne le connais même pas !

Il poussa son interrogatoire dans l’idée que celles-ci céderaient et lui avoueraient la vérité. Quand soudainement, il remarqua un tableau qui trônait au milieu des chefs-d’œuvres de grands maîtres, juste au-dessus de la tête de lit.

- Mais c’est moi !! D’où provient cette peinture ?
- C’est lui qui l’a peinte. Selon lui, cette scène mettait en évidence votre beauté.

Ce n’est pas possible ! Elle dépeint ma première rencontre avec Kaname!! Cette rencontre était notre secret !! Comment diable a-t-il obtenu cela ? Pensa-t-il.

-Dites-moi la vérité ! Qui est-il ?!
- Le Maître se fera un plaisir de répondre à toutes vos interrogations. Sur ce, veuillez nous suivre s’il vous plaît.
- Hein ? Heu…mais où allons-nous ?

Sans attendre la réponse de leur hôte, elles attrapèrent Ran pour l’emmener dans une salle de bain qui était plutôt un magnifique jardin extérieur, dans lequel trônait en son épicentre un gigantesque bassin. Celui-ci se remplissait en continu par un jet d’eau issu d’une fontaine en or massif et le sol du bassin était recouvert d’une mosaïque de Jade avec des pierres précieuses, représentant les armoiries de la famille de son hôte. A côté, des servantes aux sourires angéliques l’attendaient avec des peignoirs et serviettes à la main.

- Nous vous attendions, Jeune Maître. Dirent-elle, en se mettant à genoux.
- Jeune Maître ? Moi ? Répondit-il, déconcerté par ce traitement de faveur.

Puis, les servantes se rapprochèrent de lui et tentèrent à nouveau de le déshabiller.

- Qu’est-ce que vous faîtes ?! Je le ferais moi-même !! Allez-vous en !!
- Bien…nous reviendrons tout à l’heure. Prenez votre temps. Répondirent les servantes.

Avant de disparaître, elles prirent soin de fermer les portes du bain extérieur, pour s’assurer que le jeune homme ne tenterait pas une nouvelle évasion.

Mais qu’est-ce que je fiche ici ?! Je devrais être chez moi en train de me préparer pour mon rendez-vous avec Kaname ! Il doit se faire un sang d’encre ! Maintenant, il doit avoir remarqué mon absence et a dû partir à ma recherche ! Dire que c’est notre premier rendez-vous et que je me suis fait enlever par un homme mystérieux qui semble me connaître. Je veux rentrer à la maison pour être enlacé par tes longs bras et sentir tes douces lèvres contre les miennes. Il faut que je me reprenne et que je cherche le moyen de m’échapper d’ici, afin de le rejoindre le plus rapidement possible ! Se Dit-il seul dans le bain, en séchant ses larmes.

******

Pendant ce temps, non du loin du jardin et dans un bureau de la résidence dans laquelle Ran était retenu captif, le mystérieux maître fit son apparition alors que le secrétaire particulier l’attendait sur le seuil de la porte.

- Alors…comment se présente l’affaire que je t’ai confiée ? Interrogea le gentleman, tout en déposant son veston sur le dossier de son fauteuil.
- Tout se déroule comme prévu, Maître !
- J’imagine qu’il a dû se débattre comme un lion, tel que je le connais ?! Sur ce point-là, il n’a pas changé d’un pouce.
- Vous avez vu juste! Il a posé pleins de questions à votre sujet et je lui ai répondu que vous satisferez sa curiosité, lorsqu’il vous rencontrera en chair et en os.
- Merci Aoyama , tu as parfaitement accompli ta tâche.
- Vous pouvez comptez sur moi Maître. Je ferais n’importe quoi pour vous…oui…n’importe quoi ! Dit-il, en tendant un verre de Whisky à son Maître.

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