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Chapitre 2

~Des Entreprises et des Hommes~

 

Ce n’est que quelques heures plus tard, que Ran arriva à son travail en retard et pour cause ! Il lui fallut donc trouver une bonne excuse à donner à son patron, d’autant plus que ce dernier n’était pas commode. Alors qu’il essaya de rejoindre son bureau le plus furtivement possible, il se fit coincer par celui-ci qui l’attendait de pied ferme devant la porte.

 - Tu sais l’heure qu’il est ?! Nous avons un important client qui nous attend ?!!

- Je suis désolé, Monsieur, cela ne se reproduira plus ! (Tout est de la faute de Kaname ! Si seulement il s’était montré plus modéré ! Pensa t-il).

- Il y a intérêt !! Je peux te remplacer facilement ! Des paysagistes, il y en a partout ! Et nombreux sont ceux qui rêveraient d’avoir ton poste ! Allez au boulot !!! Mollasson !

- Oui ! Monsieur! Je ne peux pas me permettre de perdre ce travail, j’ai tout sacrifié pour en arriver là. En rentrant, Kaname va m’entendre !!

 Les collègues de travail arrivèrent après cette altercation.

- Oh…mais c’est le p’tit Ran ! Alors…comment ça se fait que tu sois en retard ? Ce n’est pas dans tes habitudes…tu es malade ?

- Humm… J’ai eu une panne d’oreiller, si je puis dire.

 Je ne peux quand même pas leur dire que j’étais en pleine partie de jambes en l’air qui plus est avec un homme ! Pensa, Ran.

 En même temps qu’il se mit à penser à cela, la honte pouvait se lire sur son visage.

 - Merci de vous inquiéter pour moi, mais je vais bien.

- Toi ! Une panne d’oreiller ? C’est bien une première et c’est rare !

 Ils le regardèrent tous étonnés.

 - D’habitude, tu es toujours le premier sur les lieux. Plus ponctuel et sérieux que toi, je ne connais pas. Dit l’un d’entre eux.

- Si ça se trouve, sa panne d’oreiller est due à une femme ! Dit un autre de ses collègues.

 C’est alors que tous ses collègues se regardèrent, puis se tournèrent en direction de Ran et se mirent à rire. Soudainement très embarrassé par cette situation, il tenta de faire disparaître ce malentendu.

 - Non…non vous vous trompez ! Je n’ai pas de petite amie, je vous l’assure !

- Vous imaginez notre petit Ran en compagnie d’une femme ? Je vois la scène d’ici !

 Puis, l’un d’entre eux s’approcha de Ran et lui passa un bras autour de l’épaule, comme si c’était un signe de complicité et qu’il l’encourageait de toutes ses forces.

 - C’est normal que tu plaises aux femmes, car tu es beau et jeune.

- S’il vous plaît, arrêtez !

 Interloqué par ce vacarme, le patron sortit en toute hâte de son bureau et se dirigea vers eux.

 - Qu’est-ce que c’est que ce vacarme !!! Vous vous croyez où ?! Je ne vous paie pas à discuter à ce que je sache ! Cria-t-il, en s’approchant de plus en plus de l’épicentre du groupe. Oh ! Je vois non seulement que tu te permets d’arriver en retard, mais en plus tu as le culot de foutre le bazar dans mon entreprise ! Rajouta-t-il, en faisant de grands gestes à l’intention de Ran.

- Monsieur, vous vous trompez ! Il n’a rien fait ! C’est nous qui av… Dit un de ses collègues, en s’interposant.

- Silence !!! Ce n’est pas à toi que je m’adresse !! A moins que tu es envie de te retrouver au chômage ! Dit-il d’un ton menaçant.

- Non monsieur !! crirent-ils à l’unisson.

- Bien ! Retournez au travail et TOUT DE SUITE !!! Quant à toi, je te tiens à l’œil ! Dit-il tout en pointant du doigt, le jeune paysagiste qui ne savait dès lors plus où se mettre.

 Après ce recadrage du personnel, il repartit en direction de son bureau.

 - Nous sommes désolés, Ran. C’est de notre faute si tu as été réprimandé par lui.

- Ce n’est pas de votre faute, c’est la mienne car j’étais en retard.

- Tout de même, il n’était pas obligé d’employer ce ton hautain avec toi ! Tout cela par ce qu’il fait partie des plus aisés de ce monde et qu’il appartient à la classe des nobles !

- Ne dites pas cela ! Il est vrai qu’il est riche, mais je le remercie tout de même de m’avoir embauché car sans cela, je n’aurais pas pu. (Il est vrai que sans lui, je n’aurais jamais pu rencontrer Kaname et que jamais je n’aurais connu un tel bonheur. Pensa t-il).

- Ran ? Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu t’es tus subitement.

- Ah oui, ce n’est rien ! Sans cela je n’aurais pas pu vous rencontrer !

 Certains collègues qui étaient alors tous émus devant l’innocence de Ran, étaient en larmes.

 - Oh ! Notre p’tit Ran ! C’est gentil de nous dire cela, cela nous fait chaud au cœur de t’entendre dire cela ! (Je me demande ce que fait Kaname en ce moment. Pensa t-il).

 

******

 Pendant ce temps, à l’autre bout de la ville dans les quartiers huppés, se réunissaient les grands pontes de ce monde dans des bureaux de grands standings. Ceux-ci se situaient en plein milieu du quartier des affaires et parmi eux, étaient présents Kaname en compagnie de son secrétaire.

 - Monsieur, vous êtes en retard !! Nos clients vous attendent depuis plus d’un quart d’heure !

- Pourquoi es-tu stressé de si bonne heure ? Tu vas finir chauve à force de t’inquiéter ainsi. Dit-il d’un brin moqueur.

- Soyez sérieux pour une fois dans votre vie ! Rétorqua-t-il, exaspéré par son comportement.

- Je suis toujours sérieux, mais uniquement au lit.

- C’est loin de me ravir. (Pourquoi dois-je travailler avec un tel fainéant. Pensa-t-il). Vous me poussez à bout monsieur et je sens qu’un jour, votre manque de sérieux va me contraindre à démissionner.

- Mais non ! Je disais cela pour te détendre… D’ après une émission que j’ai regardée il n’y a pas si longtemps, c’est le meilleur moyen pour se détendre !

- C’est l’effet inverse que cela me produit. Dit-il, dépité.

- Allez, trêve de bavardage, nos clients nous attendent ! Annonça-t-il d’un ton des plus sérieux, tout en se dirigeant vers la porte.

- Oui Monsieur !

Par moment, j’en oubliai presque que cette personne nonchalante est un célèbre architecte. Se mit à penser le séduisant secrétaire, tout en escortant son patron dans les couloirs de l’entreprise. Non seulement, il est intelligent, droit et son travail est toujours impeccable. En plus, il s’avère être le fils unique de la famille Jitsuryoku, qui n’est autre que le célèbre groupe régnant en maître sur le monde de la Finance ! Voilà les raisons pour lesquelles, je travaille pour lui.

 ******

 Dans une salle de conférences qui se trouvait dans les locaux de l’entreprise et qui se situait à quelques mètres du bureau de Kaname, des clients patientaient dans la salle d’attente. Ceux-ci se mirent à regarder leurs montres et à rouspéter du retard de leur hôte.

 - Kaname Jitsuryoku n’est toujours pas là ?!

- Allons-nous-en, nous n’avons que trop attendu. Dit l’un d’eux, excédé d’attendre.

- Célèbre architecte, tu parles, humph ! Encore des éloges pour quelqu’un qui n’a rien fait !

 Alors que les clients avaient presque atteint le seuil de la porte, Kaname fit son apparition suivi de près par son secrétaire.

 - Attendez un instant, s’il vous plaît ! Dit le secrétaire.

- Et puis quoi encore ! Vous nous faites perdre notre temps ! Et le temps c’est de l’argent ! Je pensais d’ailleurs que vous, plus que quiconque en aviez conscience ! Car après tout, votre entreprise n’est pas née du jour au lendemain. Allez…écartez-vous de notre chemin…je ne peux pas me permettre de perdre plus de temps ici ! Dit l’un d’eux, tout en exprimant ainsi à voix haute le ressenti et la pensée de l’ensemble des clients.

 Kaname, tout sourire éclatant et tiré à quatre épingles, sentait un parfum qui ne pouvait venir que de France. Son costume italien, taillé sur mesure lui allait comme un gant.

 - Veuillez me pardonner pour mon retard Madame, Monsieur. Je me permets de me présenter, je suis Kaname Jitsuryoku. Dit Kaname, en français.

- C’est un comble ! Faire attendre ses clients ! Savez-vous combien de temps nous vous avons attendus ?

- J’étais en train d’effectuer des recherches concernant les plans des futurs bureaux que vous souhaitez construire. Et visiblement, il semblerait que cela fût concluant étant donné que je suis à même de vous faire différentes propositions dès à présent.

- Heu…vous voulez dire que vous avez terminé les plans dans un délai si court ? Dirent les clients, abasourdis par son professionnalisme et sa beauté.

- Oui. Et pour de plus amples détails, veuillez me suivre. Nous allons en discuter dans mon bureau. Dit le jeune architecte, avec un sourire ravageur.

Puis, il se tourna en direction de son secrétaire.

 - S’il te plaît, apporte-nous des boissons, ainsi qu’un café pour moi.

- Je vous apporte cela tout de suite, Monsieur !

- Sa renommée mondiale n’est pas à démentir, il est vraiment efficace ! Dit un des clients, s’adressant à un autre.

- Humph ! C’est normal de la part du fils de la famille Jitsuryoku ! Certains de leurs membres sont politiciens et d’autres occupent des places importantes au sein de notre société. Cela ne m’étonne pas d’eux, ils sont parfaits !

 ******

Pendant que les affaires suivaient leur cours, tout autre chose se passait du côté de son jeune amant et de son entreprise.

 C’était le soir et la nuit venait tout juste de tomber sur la ville, l’enveloppant de son long manteau noir. La ville reflétait comme un collier de lumière, semblable à des pierres précieuses dont elles provenaient majoritairement des grandes entreprises qui continuaient de s’illuminer, ce qui n’était pas le cas pour l’entreprise de Ran.

 Les paysagistes s’apprêtaient à quitter leur travail pour rentrer chez eux, ou sortir boire un verre avec leurs collègues.

 La journée a été épuisante, j’ai dû courir de gauche à droite en faisant de multiples aller retours et là je n’en peux plus ! Pensa t-il tout en laissant échapper un profond soupir.

Je veux rentrer à la maison pour me faire couler un bon bain chaud et en profiter pour aller dormir de bonne heure, car j’en avais bien besoin. Je me demande Kaname est rentré et c’est peu probable, car il m’avait dit qu’il rentrerait tard. C’était bien dommage, car j’aurai voulu passer un peu de temps avec lui. Ce sera pour la prochaine fois.

 - Qu’est-ce qu’il y a pour que tu soupires comme ça ? Tu as l’air déprimé, ça va ?

- Oh…rien. Je vais bien, ne vous inquiétez pas.

- Si tu le dis ! Cela te dit de boire un verre avec nous ? Tu es jeune et beau, tu ramèneras pleins de filles. Avec toi, on est sûrs de ne pas rentrer bredouille (rires). A moins que tu es rendez-vous avec ta petite amie ? Si c’est le cas, présente-nous-la.

- Je vous ai déjà dit que je n’avais pas de petite amie ! Sinon, je passe pour l’invitation car je suis trop crevé pour aller boire. Je rentre directement chez moi et après dodo !

- D’accord, alors ça sera pour une prochaine fois ! Repose-toi bien, hein ?

- Oui, promis. Bonne soirée alors !

Je suis trop fatigué pour marcher, mais je dois quand même le faire si je veux rentrer chez moi. J’aurais tant aimé que Kaname soit là pour me raccompagner. Se dit-il.

Ah ! Mais qu’est-ce que je raconte, moi ! Il est hors de question que je me fasse raccompagner par lui ! Dieu seul sait ce qui se passerait si quelqu’un nous voyait ensemble ! Jusqu’à maintenant, j’ai fait tout mon possible pour ne pas éveiller les soupçons sur une quelconque relation entre nous et je suis même allé jusqu’à refuser sa proposition d’habiter chez lui ! J’ai beau me dire cela, mais je souffre de cette situation et je me demande combien de temps je vais encore pouvoir tenir comme ça.

 

******

Après quelques instants, le voilà qui arrivait chez lui. Il habitait dans un bâtiment vétuste, dont le numéro de l’appartement était le 205. Celui-ci était tout délabré et sous ses pas, on pouvait entendre le parquet grincer. Ce lieu ne semblait pas accueillant pour deux sous, de part son architecture obsolète et son aspect rustique. Mais cet état s’expliquait par le prix relativement bas du loyer demandé.

A peine arrivé chez lui, qu’il s’effondrait sur le canapé, incapable de bouger et la fatigue le paralysait.

 - Je suis si fatigué…Rha la la.

 En un instant, ses paupières devinrent lourdes et sans qu’il ne s’en rendit compte, il rejoignit les bras de Morphée.

 ******

 Pendant ce temps dans le quartier des affaires, son amant qui était assis devant son bureau, se mit à repenser à la discussion qu’il avait eue avec son compagnon, ce matin.

 - Qu’y-a-t-il, Monsieur ?

- Ah ! Rien.

- Rien ? Vous n’avez pas arrêté de soupirer de toute la journée ! A tel point que certains clients se sont demandés si vous n’étiez pas malade !

- Tu es très observateur, dis-moi !

- Comme toujours ! Dit-il en sortant un mouchoir en soie de la poche de son costume, pour nettoyer ses lunettes.

- Je vais rentrer, occupe-toi de tout !

- Oui, Monsieur ! Passez une bonne soirée et faîtes attention à vous !

- Merci.

- Pourquoi vous me remerciez ? Demanda le secrétaire, étonné.

- Pour les bons soins que tu me prodigues. Car je sais que je n’ai pas un caractère facile et que je t’en demande beaucoup, d’autant plus que je suis très exigeant. Mais je tenais tout de même à te dire que tu es une personne très dévouée et qui met beaucoup d’ardeur à la tâche, ce qui me facilite grandement les choses.

- C’est normal, je suis votre secrétaire ! Et cela fait partie de mes fonctions.

 Après avoir quitté son secrétaire, Kaname s’installa dans sa voiture et regarda sa montre.

 - Ah ! Il se fait tard. Je n’ai qu’une hâte, c’est de rentrer chez moi et profiter de mon adorable Ran. Je me demande si il est déjà rentré chez lui, car j’aimerais bien l’inviter à boire un verre.

 Prenant son téléphone, il composa le numéro de son amant, puis mit celui-ci à son oreille.

 - Bipp…Bipp…Bipp…veuillez nous excuser, mais votre interlocuteur est actuellement indisponible. Veuillez laisser un message après le bip sonore. Dit la voix du répondeur.

- Bizarre…il ne répond pas ? Ce n’est pas dans ses habitudes de ne pas répondre. Peut-être n’est-il pas encore rentré ? Mais il se fait tard ! Qu’est-ce qui a bien pu lui arriver ? Bon… Il faut que j’aille voir ce qu’il en est.

 ******

 La voiture de Kaname se mit à remonter la rue de l’appartement de Ran. C’est alors que le conducteur, constata que toutes les lumières de celui-ci étaient éteintes, ce qui était inhabituel. Son inquiétude se retrouvant renforcée, il se gara au plus vite dans la rue opposée, tout en respectant la requête que lui avait formulée Ran, afin de ne pas éveiller les soupçons des voisins. Kaname grimpa à toute vitesse les escaliers deux par deux, puis tout essoufflé, arriva enfin à l’appartement de son jeune amant. Sortant le double des clés de sa poche pour ouvrir la porte, il remarqua immédiatement que celle-ci était ouverte.

 - Pourquoi la porte n’est-elle pas fermée ? Étrange ? Car Ran est quelqu’un de consciencieux et il ne laisserait jamais sa porte ouverte. Se peut-il que quelque chose lui soit arrivée ?

 A cette seule pensée, il sentit son sang se glacer. Il déboula dans l’appartement en criant son nom.

 - Ran, où es-tu ? Ran ! Ran ! RAN !!! Mais bon sang, où a-t-il bien pu passer ? Se demanda t-il. Pourvu que rien ne lui soit arrivé ! Je crains le pire! Je dois le retrouver au plus vite ! Ran ! Répond-moi !

 Il continua d’avancer dans l’appartement tout en l’appelant, mais ses appels restaient sans réponse. Puis, en passant par le salon, il le vit tranquillement allongé sur le canapé, encore tout habillé et roulé en boule, tel un chat. Rassuré, Kaname ne put s’empêcher de tomber à genoux sur le tapis et de contempler son amoureux.

 - C’était donc là que tu étais et moi qui craignais le pire pour toi, alors que tu étais bien tranquillement en train de dormir. Tu pourras te venter de m’avoir fait une peur bleue. Tu vas attraper froid si tu dors ici. Dit-il tout en passant sa main dans les cheveux de son amant.

 - Humm…Fit Ran, en se tournant.

- Tu es réveillé ? Demanda Kaname, surpris.

 Mais celui-ci n’eut aucune réponse, car Ran s’était déjà rendormi.

 - C’était juste un réflexe. Je vais te porter jusqu’à ta chambre. Dit Kaname, amusé avec un sourire aux lèvres, devant le sommeil profond de son conjoint.

 Soulevant délicatement son bien-aimé, il se dirigea vers la chambre à coucher et le posa sur son lit en le recouvrant d’une couverture.

 - Tu es beau lorsque tu es endormi. Ca reflète ton innocence et ta pureté d’âme. Si tu savais… Je n’ai pas arrêté de penser à toi toute la journée. L’idée de te perde m’effraie plus que tout au monde, car tu es toute ma vie.

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