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Chapitre 9

~Rivalités~

Quelques jours s’étaient écoulés depuis cette rencontre, Ran avait repris le cours de sa vie en essayant d’oublier le plus possible cet incident.

******

Ce matin là, tout le personnel de l’entreprise avait été convoqué à une réunion exceptionnelle sous l’ordre du directeur.
Ran pénétra dans la salle, en compagnie de ses collèges quand soudain, il vit, débout sur l’estrade, à coté de son patron, un visage qui lui semblait familier. Il s’agissait de l’homme qui lui avait déclaré sa flamme. Choqué de le voir ici, il courut se cacher derrière le dos de l’un de ses collèges. Remarquant à son tour le jeune homme mélangé aux employés, l’inconnu esquissa un large sourire. Le jardinier-paysagiste, qui n’avait pas conscience d’avoir été repéré, prit place aussi discrètement que possible, tout en faisant attention à ce que cet homme ne le remarque pas. Quand le silence régna enfin dans la pièce, le directeur commença son discours, en leur annonçant que l’homme, qui se tenait à ses cotés, souhaitait faire appel à leur service pour un projet sur lequel il travaillait, et s’il était satisfait du résultat : cela ferait la renommer de cette entreprise pour les années à venir. Le patron ajouta ensuite que les détails de cette collaboration seraient communiqués ultérieurement aux personnes concernées.
Cette nouvelle ne semblait nullement enchantée Ran, qui voyait déjà se profiler à l’horizon de nombreux problèmes avec l’arrivée de cet homme.

******

A peine avait-il été présenté au reste du personnel que d’un pas amusé et sûr de lui, il se dirigea vers Ran, afin de lui présenter ses salutations. Celui-ci savait d’ores et déjà qu’il serait difficile de l’éviter.
Les autres employés se demandaient dans un premier temps pourquoi un homme aussi charismatique que lui avait fait appel à leur service alors qu’avec sa renommée, il pouvait travailler avec les meilleurs.
Kaname leur expliqua que cette entreprise possédait un environnement idéal, élément indispensable à la réalisation de son projet.
Par ailleurs, n’étant pas résolu à lâcher l’objet de tous ces désirs, il usa de subterfuges et fit une demande expresse auprès du Directeur afin que Ran soit chargé de travailler en étroite collaboration avec lui, ceci étant une des conditions non négociable à ce partenariat.
Ran et son équipe furent donc chargés d’être son guide tout au long de cette collaboration ce qui enchantaient ses collègues qui voyaient là une occasion de montrer leurs savoir-faire. Mais celui-ci était loin de partager l’enthousiasme collectif, il pensait que cet homme superficiel n’avait rien à faire ici. Il ne le voyait que comme l’un de ces nombreux riches venu étalé sa richesse aux yeux de tous. Pour Ran, tous les compliments de cet étranger, n’étaient que des mensonges afin d’obtenir une fois de plus ce qu’il désirait, sans trop de mal. Quant à son coté charmeur, ce n’était que de la poudre aux yeux, destiné à mieux berner son monde !

*******

En fin de soirée, dans un appartement situé dans un grand hôtel luxueux.

Des gouttes d’eau ruisselaient sur le corps musclé de Kaname alors qu’il était encore sous la douche, en train de repenser à la journée qui venait de s’écouler.
Il ouvrit la porte en verre de la douche, attrapa le peignoir que les femmes de chambre, avaient déposé à côté du lavabo. Après s’en être revêtu, il saisit une serviette qu’il posa sur sa tête. Tout en se séchant sa tête d’une main, Kaname sortit de la salle de bain et se rendit directement dans un immense salon, où trônait un écran plasma dernier cri ainsi qu’un home cinéma et bien d’autres objets de valeur.
L’architecte se dirigea aussitôt vers le bar, il ouvrit les portes qui laissaient apparaître des verres à apéritif ainsi que de nombreuses bouteilles d’alcool (vodka, whisky, liqueur de cerises, rhum…) bien rangées dans des casiers de bois sculpté.
Il y sortit un verre, et y déposa deux gros glaçons, puis il prit une bouteille de whisky, les emmena avec lui, et s’affala sur le fauteuil en cuir, se trouvant dans le coin de la pièce. Il tendit son verre et y versa le fameux breuvage qu’il but d’une traite.
Le téléphone retentit dans la pièce.
Il tendit le bras pour saisir le combiné qui se trouvait à coté de lui sur une table de verre fumé et prit l’appel.

- Oui ?
– ……………
– Bien, continue tes investigations, je te re-contacterai.

Kaname se leva et déposa l’appareil sur son socle avant de se rendre dans sa vaste chambre à coucher où il s’effondra sur un gigantesque lit. Il balança sa serviette sur celui-ci, laissant ainsi ses cheveux humides, mouiller les draps. A côté de lui, était déposé une grande enveloppe dans laquelle on pouvait légèrement entrevoir des documents accompagnés de photographies.
Le jeune architecte saisit les documents, les regarda puis se redressa pour enfin les déposer sur sa table de chevet. Il en profita pour sortir du tiroir un paquet de cigarettes ainsi qu’un Zippo en platine gravé à ses initiales. Il en saisit une et la porta au coin de ses lèvres. Il approcha la flamme du briquet à l’extrémité de la cigarette et prit une profonde inspiration avant d’expirer la fumée.

- J’ai hâte de travailler avec toi, Ran Ouka. Se dit-il a lui même tout en jetant un regard, sur la photo du jeune homme qui se trouvait à côté de lui.

******

Kaname se tenait là, en compagnie de son secrétaire personnel Kitamura, s’affairant tous les deux à leurs tâches. C’est alors qu’il aperçut la silhouette du jardinier-paysagiste en pleine discussion avec les membres de son équipe. Il s’avança alors vers eux et leur demanda s’il pouvait leur montrer les différents matériaux qu’ils utilisaient dans la réalisation des jardins anglais. Ils acceptèrent avec joie, heureux de lui rendre service. L’architecte ne manquait pas d’excuses pour aborder ou déranger Ran en plein travail. Ce qui lui attirait les foudres de celui-ci, qui agacé par un tel comportement, l’implorait de le laisser tranquille.
Ce spectacle amusait beaucoup ses coéquipiers, car ils découvraient une autre facette du jeune homme, habituellement si discret et renfermé sur lui-même. Mais parmi eux, un employé voyait d’un très mauvais œil la venue de Kaname dans l’entreprise.

******

A la pause de midi, ils se rendirent tous à la cantine, sauf Ran, préférant comme à son accoutumée, déjeuner seul, peu habitué à manger avec les autres.
Ran s’installa dans une remise abandonnée, espérant ainsi profiter d’un peu de tranquillité. Il sortit son déjeuner, s’apprêtant ainsi à faire un repas frugal. En effet, n’ayant que peu d’appétit, il sortit son bento, composé uniquement d’un onigiri, deux tomates cerises, une feuille de salade non assaisonnée et un croûton de pain, accompagnés d’une bouteille d’eau.
Ses déjeuners, lui valaient bien souvent des remarques et des railleries de la part des autres, le jugeant trop maigre pour son âge.
Il prit une bouchée et commença à se poser des questions sur les véritables raisons de la présence de Kaname sur son lieu de travail.
Ran ne put s’empêcher de se remémorer les tendres baisers que lui avait donnés celui-ci dans le parking, en oubliant brièvement le mépris qu’il lui inspirait. Il passa délicatement ses doigts sur ses lèvres, comme pour essayer de se rappeler la sensation qu’avaient les lèvres de Kaname contre les siennes, espérant ainsi raviver la trace de ses baisers.
A cet instant, la porte s’ouvrit, faisant par la même occasion sursauter le jeune homme, surpris de voir que quelqu’un se trouvait encore dans les locaux à cette heure-ci.
Kaname l’avait suivi. Ce dernier pénétra alors dans la pièce, emplie de poussière.

- Que… Que faîtes-vous ici ? demanda Ran surpris tout en rougissant légèrement au vu de ces précédentes pensées, qu’il n’oserait jamais dévoiler.
– Je te cherchais.
– Me chercher ? Pourquoi ?
– Je voulais te voir.
– Vous n’avez pas le droit d’être ici !
– Toi non plus, si je ne m’abuse, c’est bien la pause de midi, non ? Pourquoi n’es-tu pas avec les autres ?
– Cela ne vous regarde pas ! Partez, s’il vous plaît !
– Je ne partirai pas, après tout le mal que je me suis donné pour enfin te mettre la main dessus. Tu as passé la matinée à m’éviter De quoi as-tu donc si peur ?
– De rien ! Si vous voulez bien m’excuser.

Le jardinier-paysagiste se leva, emballa vite fait sa nourriture et s’en alla en direction de la porte quand Kaname l’empoigna par le bras et le plaqua contre le mur.
Ran lâcha par inadvertance ce qu’il tenait dans sa main. Son panier repas vint alors se rependre sur le sol, recouvrant par la même occasion les outils, qui étaient entreposés là.
De sa main gauche, Kaname bloqua les poignets du jeune homme au-dessus de sa tête et passa sa jambe gauche entre ses cuisses pour l’empêcher de fuir.

- Laissez-moi partir !
– Si je le faisais, tu t’enfuiras de nouveau.
– Monsieur Jitsuryoku, laissez-moi partir, s’il vous plaît !
– C’est Kaname.
– Hein ?
– Je veux que tu m’appelles par mon prénom quand nous sommes seuls, comme tu l’as fait l’autre jour.

Gêné par ce traitement de faveur, il ne put le regarder en face et porta son regard ailleurs. Ce comportement n’échappa pas au bellâtre qui passa tendrement sa main sur sa joue.
Ran sut enfin la signification des paroles qu’il avait prononcé l’autre jour, il n’avait pas abandonné et il était venu jusqu’ici pour le faire sien de gré ou de force.

- Pourquoi détournes-tu le regard ? Je te fais si peur que cela ?
– Pas… Pas du tout ! Laissez-moi partir !
– Pourquoi tu me fuis ?
– Je ne vous fuis pas !
– Alors cesse d’être sur tes gardes, je ne vais rien te faire à moins que tu ne m’y autorises.
– Arrêtez, s’il vous plaît.
– Pourquoi tu me rejettes comme cela ?
– Je ne vous rejette pas, je vous ai déjà dit que je ne ressentais rien pour vous, alors cessez de m’importuner avec cela.
– Tu n’étais pas comme ça lors de nos tendres baisers, tu me désirais. Tu n’attendais qu’une chose que je te prenne.
– Vous délirez, là ! Ce jour-là, vous m’avez embrassé de force et fait toutes ces « choses »! Moi qui faisais tout pour oublier, voilà que vous refaites surface dans ma vie et que vous y chamboulez tout !

Sous le coup de l’émotion, Ran se mit à fondre en larmes.
Kaname plissa les yeux et prit le menton de Ran, il y rapprocha son visage pour enfin s’emparer de ses douces lèvres.
Ran fut pris au piège par ce baiser et par l’étreinte de cet homme, il ne pouvait que succomber une nouvelle fois.
Son cœur avait beau se refuser à lui, son corps, lui, recherchait ses étreintes ; Kaname ne lâcha pas prise et continua de réduire à néant tout ce qui restait à Ran de résistance.
L’architecte profita du fait que les lèvres du jardinier-paysagiste soient occupées pour s’attaquer à son torse. Il vit les tétons de Ran pointer à travers sa chemise, signe de son excitation puis il déboutonna lentement la chemise du garçon, et y passa sa main.
Il parcourut son corps minutieusement, s’arrêtant le plus possible aux endroits susceptibles d’accentuer le plaisir de Ran. Les gémissements de Ran ne tardèrent pas à se faire entendre.
Puis, une voix venant de derrière Kaname ne tarda pas à mettre un terme à cet échange passionné.

- Veuillez m’excuser, Monsieur Jitsuryoku.

Ils furent interrompus par le secrétaire personnel de Kaname, venu informer son patron qu’il possédait les documents qu’il avait expressément demandés et qu’il était temps pour lui, de regagner son bureau.
Le secrétaire était tout ce qu’il a de plus stoïque, ne prêtant guère attention à l’embarras du jardinier paysagiste qui se trouvait dans une position des plus délicate en compagnie de son patron.
Ran repoussa Kaname puis il s’excusa auprès d’eux avant de prendre ses jambes à son cou.
Kaname le regarda partir d’un air contrarié avant de se retourner devant celui qui venait de gâcher ce moment de bonheur.

- Cela ne pouvait pas attendre, Yûji ?
– Non, Monsieur. Je vous rappelle que c’est vous qui m’avez ordonné de vous prévenir sitôt les documents réceptionnés.
– Tu m’as dérangé au moment le plus important, juste quand il se laissait faire.
– Voulez-vous que je le rattrape ?
– Non, ce n’est pas la peine, j’aurai d’autres occasions.
– Je vous conseillerai à l’avenir de surveiller vos manières, nous sommes ici pour le travail et non pour satisfaire votre appétit sexuel.
– Tu n’es pas amusant. Il est délicat, si je force trop, il risque de me détester.
– Il vous déteste déjà.
– Yûji dit-il le sourire aux lèvres face à l’ironie de son secrétaire.
– Oui ?
– Ce que tu as vu tout à l’heure, n’était qu’une démonstration de mon amour, je crois d’ailleurs, qu’il était très réceptif.
– Réceptif ? Moi, j’ai plutôt eu l’impression du contraire. Vous avez une étrange conception de l’amour.
– Parle pour toi ! Au moins, je choisis mes amants alors que toi, tu t’envoies en l’air avec tout ce qui passe juste pour le sexe, histoire d’avoir un contact humain et non pour la recherche de l’amour.
– L’amour n’a pas sa place dans une relation purement physique et je préfère m’en tenir à cela.
– C’est ta vie privée, je n’ai pas à y mettre mon nez, la seule chose que je voudrais te demander est : Que recherches-tu si désespérément ? Et pourquoi sembles-tu fuir ainsi tout amour ?

Après avoir dit cela, Kaname partit, laissant seul son secrétaire médité sur ces paroles.

******

Ran ne put s’empêcher de courir, voulant à tout prix oublier ce qui venait de se passer. Dieu seul savait maintenant ce qu’allait penser de lui, le secrétaire de Kaname, après les avoir surpris dans une situation plus que compromettante.
Il courut sans prendre la peine de regarder devant lui ce qui lui valut d’être bousculé par un collègue qui passait par là.
Ce dernier, le rattrapa lors de sa chute, l’empêchant ainsi de heurter le sol.

- Excusez-moi, c’est de ma faute, je ne regardais pas devant moi dit-il tout en se relevant afin de s’excuser auprès de sa victime.
– Ran, ça va ? Tu ne t’es pas fait mal ? C’est de ma faute, je ne regardais pas non plus.
– Monsieur Fujinami, c’est vous.
– Ran, où courais-tu comme cela ? Et pourquoi ton torse est-il à l’air ? Que s’est-il passé ?

Dans son élan, Ran avait oublié de reboutonner sa chemise, ce qui lui valut cet interrogatoire.

- Je vais bien, Monsieur Fujinami, c’est juste qu’il faisait chaud alors j’ai décidé de me déboutonner afin de me reposer de cette matinée éreintante, et dans ma précipitation, j’ai oublié de la reboutonner.

Fujinami ne put détacher son regard du torse dénudé du jeune garçon. La chemise entrouverte, laissait apparaître ses tétons rosis par la chaleur de l’été et rappelant celle des cerisiers, contrastant ainsi avec la blancheur de sa peau et soulignant son aspect fragile.
Il reboutonna sa chemise sous l’œil attentif de son interlocuteur. Les joues en feu, la gorge nouée et le cœur battant à cent mille à l’heure, Fujinami ne savait plus où se mettre, ni quelle attitude a adopter face à Ran.

- Tu es sûr que tu vas bien ? Avec cette chaleur, tu risques d’avoir une insolation, tu devrais rentrer et te reposer, cela vaudrait mieux.
– Non, je vous remercie de vous inquiéter pour moi mais je vous assure que je vais parfaitement bien.
– Vraiment ? Tu es pâle,  tu devrais prendre ta journée.
– Je vous assure, je vais bien.

Puis Fujinami se rapprocha de Ran, jusqu’à ce que leurs regards se croisent.

- Monsieur Fujinami ?
– Je m’inquiète pour toi, ces jours-ci, tu n’as pas l’air dans ton assiette et ce depuis l’arrivée de cet architecte. J’ai cru comprendre qu’il ne cessait de te tourner autour.
– C’est vrai qu’il est persistant sur les bords mais il ne fait que son travail, d’ailleurs mon équipe et moi-même sommes chargés de nous tenir à sa disposition.
– Vraiment ? Mais je pense que quelqu’un d’autre aurait pu faire l’affaire, mon équipe par exemple, nous serions à même de répondre aux besoins de cet homme.
– Je le pense aussi, mais ce sont les ordres du patron, nous devons nous y plier. Et puis, cette collaboration ne dure que le temps qu’il termine son projet, après il partira.
– Je l’espère acquiesça-t-il

Tout en formulant ces paroles, Fujinami vit Kaname en compagnie de son secrétaire personnel arriver derrière Ran, pour pénétrer dans le bureau du directeur. Il jugea bon cependant, de faire comme si de ne rien n’était et n’en n’informa pas le jeune homme.

- Monsieur Fujinami ?
– Ah ! Non ce n’est rien. Pendant que j’y suis, cela te dirait de boire un verre avec nous, ce soir ?
– Ce soir ? Non je ne peux pas, je dois me lever tôt demain, Monsieur Jitsuryoku veut que nous l’accompagnons sur le lieu où doit être réalisé le fameux jardin.
– Je vois, c’est dommage ce sera pour une prochaine fois alors.
– Je suis désolé.
– Ca va, je t’assure répondit-il tout en tapotant l’épaule de Ran.

Un grand brouhaha se fit entendre, les employés sortaient du réfectoire et s’apprêtaient à retourner à leurs divers occupations en attendant l’heure de la reprise.
L’un d’eux s’écria et demanda à Ran de les rejoindre, celui-ci prit congé et lui assura une nouvelle fois qu’il était désolé d’avoir décliné son invitation puis s’en alla en compagnie des autres.

******

Seul dans son coin, plongé dans ses pensées, Fujinami se remémora le corps du jeune homme, qui ne le laissait pas indifférent.
Il se sentait confus d’éprouver un quelconque désir à l’égard de Ran qui plus est un homme. Son sang ne fit qu’un tour devant la beauté de Ran et ce corps si désirable à ses yeux. Il continuait de fantasmer sur celui-ci quand un autre collègue mit fin à ses rêveries et l’avertit qu’il était demandé par leur patron.
Fujinami se rendit donc, au bureau du directeur, en compagnie de son collègue. Mais lorsqu’il approcha la main de la poignée, la porte s’ouvrit de l’intérieur, ce qui ne manqua pas de les étonner.
Une silhouette franchit le seuil de la porte et s’avança vers eux.
Le secrétaire se tenait debout devant eux avant de s’avancer à son tour laissant ainsi place à son patron.
Kaname portait des lunettes de soleil en raison de son éblouissement. Sous l’effet insupportable de la chaleur qui régnait ce jour là, il s’était exempté de porter son costume habituel, à la place il était vêtu d’un pantalon en lin blanc qui soulignait sa taille, d’une chemise en soie bleu marine dont les boutons supérieurs étaient entrouverts. Pour souligner le tout, il portait une écharpe d’aviateur blanche assortie à son pantalon, dont les pans retombaient sur sa chemise, apportant ainsi un petit côté décontracté à l’ensemble. En le voyant ainsi, le collègue de Fujinami ne put s’empêcher de penser que peut importait les occasions, cet homme était toujours élégamment vêtu.
Kaname s’avança à la hauteur de Fujinami, il posa son regard sur celui-ci, remonta ses lunettes et arrangea sa frange avant d’engager la conversation.

- Vous êtes nouveau ? C’est la première fois que je vous vois ici.
– Non, Monsieur, je travaille ici depuis cinq ans.
– Je vois, vous êtes un ancien alors. Merci pour le travail que vous effectuez.
– Merci Monsieur Jitsuryoku dit-il tout en se courbant en signe de respect.

Yuri coupa court à la discussion de son patron, lui rappelant que l’heure de son prochain rendez-vous approchait et qu’il serait judicieux de se mettre en route afin d’éviter les embouteillages.
Kaname et son secrétaire, s’excusèrent donc et prirent congé de leurs associés, qui les regardèrent se diriger vers le parking.
A peine les deux jeunes hommes avaient-ils disparu, que le collègue de Fujinami, s’émerveilla d’être tombé sur eux. Comment une personne appartenant à l’élite de ce monde pouvait-il être aussi aimable et aussi proche de simples citoyens comme eux. Le jeune homme n’en revenait toujours pas qu’un homme de l’envergure de Kaname ait pu leur parler.
Fujinami, quant à lui, garda le silence, il sentit dans la voix de Kaname, une pointe d’arrogance commun aux riches, mais à cela, il n’y apportait que peu d’importance. En revanche ce qui l’exaspérait, c’était que son  petit protégé était obligé de travailler avec lui, tous les jours.
Après ces réflexions, ils rentèrent dans le bureau où ils étaient attendus.

******

Le patron se tenait là, debout, face à la fenêtre, tournant le dos à l’entrée.
C’est alors que les deux hommes pénétrèrent dans la pièce ; là au centre de celle-ci trônait sur un tapis vert bouteille, un magnifique bureau en chêne sculpté  avec un dessous de main en cuir vert assorti au tapis.
Sur ce dernier, était disposé, juste à côté d’une lampe et du téléphone, toute une pile de dossiers, puis au centre, on pouvait entrevoir certains plans et factures, qui venaient tout juste d’être feuilletés.

- Monsieur, je vous ai amené Fujinami comme vous le souhaitiez.
– Bien, tu peux disposer.

Son collègue regarda Fujinami et lui souhaita bonne chance, puis il s’en alla, laissant place au silence.

Le directeur était connu de tous comme un être bougon, sévère et très exigeant. Et bien que respecté, il était craint de tous dans cette boîte. Si on le décevait, il n’hésitait pas à vous hurler dessus, devant tout le service.
Cet homme imposant, se tourna et revint s’asseoir à son bureau en silence, pendant que le jeune homme, un peu inquiet quant à la raison de sa présence ici, se tenait toujours debout, droit comme un «i» n’osant pas bouger d’un centimètre.

- Bon commençons, si vous le voulez bien, Si je vous ai fait demander, c’est parce que je souhaite vous nommer au poste de superviseur adjoint d’un projet très important pour notre société. Comme je l’ai dit lors de la présentation, Monsieur Jitsuryoku m’a confié une demande que je n’ai pu refuser.

Fujinami qui ne s’y attendait pas, tomba un peu des nus, et ne savait plus trop quoi dire.

- Ben alors, ne restez pas planter là, réagissez un peu, je n’ai pas tout mon temps moi !
– Heu… Ah… Oui, pardonnez-moi. En quoi consisteront mes nouvelles fonctions, et sur quel projet travaillerai-je ?

Puis, sans prendre la peine de répondre au jeune homme, le directeur se leva et après s’être servi un bon verre de scotch, se dirigea vers une table d’exposition, sur laquelle se trouvait une magnifique maquette de carton plume, prisonnière d’une cloche de verre.

- Alors quoi ? N’ayez pas peur, approchez-vous !

C’est alors que Fujinami reconnut le projet sur lequel l’architecte travaillait. En effet, il s’agissait d’une représentation miniature du manoir que Kaname avait réalisé, un espace était laissé vierge dans cette représentation afin d’y intégrer un petit jardin.

- Sachez, mon jeune garçon que ce que vous regardez là pourrait très bien être l’avenir de la compagnie, Si j’ai décidé de vous nommer à ce poste c’est parce qu’il faut bien le dire, ces derniers temps, vos résultats sont très satisfaisants. Et j’espère que vous ferez tout pour que les choses se passent bien à l’avenir pour que Monsieur Jitsuryoku , et ses collaborateurs, ne regrettent pas d’avoir choisi notre compagnie. Me suis-je bien fait comprendre ?
– Oui monsieur. Et je vous remercie de la confiance que vous me portez. Ce sera pour moi un grand honneur de mener à bien un tel projet.
– Je l’espère bien ! Mais sachez très cher, que si les choses venaient à mal se passer, je veillerais a ce que vous soyez sur le champs renvoyé et faites-moi confiance, plus jamais vous ne retrouverez de travail dans ce domaine. Est-ce clair ?
– Oui, Monsieur.
– Bien, maintenant que cela est entendu, entrons dans le vif du sujet. Afin d’arriver à de bons résultats, et comme preuve de sa grande confiance en nous, Monsieur Jitsuryoku et ses investisseurs étrangers, nous ont alloués des fonds considérables.
Monsieur Jitsuryoku, nous a chargés de ce projet qu’à la seule condition que Ran Ouka soit à la tête de cela. Ce sera donc lui, le designer paysagiste en chef, mais au vu de votre expérience et parce que je souhaite que tout se passe bien je vous ai nommé superviseur-adjoint. Vous serez donc sous ses ordres mais pour moi c’est à vous de vous assurer que tout se passe sans accroc.
De plus, un local sera tout spécialement mis à la disposition de votre équipe, afin de mener dans les meilleures conditions ce travail. Par ailleurs, ceux qui ont été réquisitionnés seront exemptés de leurs tâches actuelles, afin de se consacrer pleinement à l’élaboration du jardin. Ces nouvelles directives, entreront en vigueur demain matin. C’est tout, vous pouvez disposez !
– Bien, Merci Monsieur, je ne vous décevrai pas !
– Espérons-le, espérons-le… J’ai tout misé sur cette collaboration murmura le patron alors que le jeune homme se dirigeait en direction de la porte.

Ah, ce que cet architecte est agaçant pensa Fujinami qui à cause de lui, risquait sa place si les choses devaient mal se passer. C’est alors qu’il se demanda par quelle pincette, il pouvait le prendre car bien qu’il ne l’appréciait guère, désormais, son destin était lié à son bon vouloir. Cependant, il retrouva vite le moral, car il savait désormais, qu’il passerait plus de temps avec son subordonné, Ran. En effet, en prenant en compte, le temps de concevoir les plans, le choix des matériaux, des végétaux, d’organiser la gestion du travail et de se conformer aux désirs spécifiques du client ; Fujinami prit conscience qu’il allait au minimum pouvoir jouir de la compagnie de son «chef» pendant presque deux mois. En sachant cela, il se dit que désormais, il ferait tout pour se rapprocher du jeune homme. Il esquissa un large sourire.

9 Réponses à “Chapitre 9”

  1. Allennaruto Dit :

    J’adore^^trop émouvant. Vraiment très bien^^

    Répondre

  2. Allennaruto Dit :

    Oui, j’adore l’arrivée de Yûji^^ ça pimente un peu l’histoire

    Répondre

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